-"Histoires de. . ."-

20 avril 2005

Ouverture !

Bienvenue à tous sur ce blog ! Ici, vous pourrez écrire vos textes en toute liberté sur tous les thèmes possibles. Pour être membre de ce blog, envoyez moi un mail à siriablack@hotmail.com avec votre adresse e-mail complète afin que vous puissiez poster vos histoires. Dans ce but, quelques petites conditions sont tout de même à remplir :

- Ecrivez dans un langage que tout le monde comprendra

- Evitez les fautes d'orthographes

- Si vous écrivez des histoires à suivre, faites attention à ce que cela reste cohérent

- Enfin, quand vous postez votre message, n'oubliez pas de choisir la catégorie dans laquelle celle-ci rentre ! Si elle n'est pas créée, venez m'en faire part !

N'hésitez pas à parcourir ce blog et lire ce que les autres ont déjà écrit !

A bientôt, écrivains en herbe !

Malou, à l'affut de nouveaux talents.

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La mutante dont on ne se souvient pas. . .

Chapitre 1 : Une jeune fille ordinaire. . .

- A quel nom, s'il vous plaît ?

- Idril Carnesîr.

La jeune femme derrière sa vitre blindée me tendit le colis que je venais de recevoir par la poste. Je la remerciais chaleureusement et partit mon colis sous le bras. Arrivée dans la voiture, j'ouvris la lettre qui accompagnait le paquet Elle était de Maxime, l'expéditeur de ce colis. Il m'envoyait quelques petites choses que j’avais oublié chez lui après mon départ. A lire sa lettre, il n’avait pas l’air de m’en vouloir, il ne parlait absolument pas de notre relation. Elle avait pourtant été mouvementée. Mais je suis contente qu’on reste amis tout de même comme je le souhaitais. Je mis le moteur en route et rentrai chez moi, dans un petit appartement bien sympathique non loin du lycée de Bayville Les rumeurs comme quoi cette ville serait pleine de mutants ne me dérangeait pas. Je n’ai jamais rien eu contre les mutants. Mais faut avouer aussi que je n’en avais jamais rencontré. Je n’ai que des amis normaux.

Je suis née il y’a 22 ans en France à Rennes. Avec mes parents, on a passé notre vie entre la Bretagne, l’Ecosse et le Schleswig-Holstein. Ils étaient toujours sur la route car ils avaient monté un petit groupe de rock qui faisait des tournées internationales. Mes parents ont quitté le groupe récemment pour en lancer un nouveau aux Etats-Unis. Après six mois de relations avec Max, je l’ai quitté, ainsi que mes parents, pour aller m’installer à Bayville et avoir enfin un pied-à-terre dans ce monde.

Le problème mutant ? Il ne me concerne pas. Je n’ai jamais rencontré de mutants, je n’en verrais sans doute jamais, et alors ? Je pense que les mutants sont comme des humains, mais pas tout à fait pareil. Mais bon, comme je l’ai dit, cela ne me regarde pas. Moins j’en entends parler, mieux je me porte.

J’arrivais donc chez moi quelques temps après et, dès en passant le seuil de ma porte, je balançai mes chaussures à travers l’appart’, histoire d’être plus à l’aise, quand je me souvins que mon voisin du dessous n’aimait pas du tout cette manie chez moi. Mon voisin, Mr Riley, qui déteste autant les Français que les mutants. Détestable. J’espérais du fond de mon cœur qu’il ne monterait pas râler comme hier et avant-hier. J’attendis un peu, crispée. Rien. Pas de réaction. Il ne doit pas être là.

-         Pourtant, j’ai vu sa voiture, pensai-je.

Toc, toc, toc, on frappe à la porte. Mince, il était bien là ! Qu’est-ce que j’alllais bien pouvoir sortir comme excuse ? J’allai ouvrir en préparant mon plus beau sourire quand, sur le seuil de la porte, étaient apparus deux hommes. Sur le coup, je faillis leur claquer la porte au nez tellement j’eus peur d’eux. L’un d’eux, un grand bonhomme massif avec des épaules larges, des cheveux complètement ébouriffés et un visage qui ressemblait à celui d’un boxeur, avait une mine patibulaire, il était impressionnant. L’autre était un homme chauve, à peine plus âgé, en fauteuil roulant. L’homme en fauteuil prit la parole d’un ton aimable le premier :

-         Mademoiselle Carnesîr ? Pouvons-nous entrer vous parler s’il vous plaît ?

Des mutants. Je le savais sans savoir comment.

A suivre. . .

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21 avril 2005

La mutante dont on ne se souvient pas. . . => Chapitre 2

Chapitre 2 : Moi, une mutante ?

Lentement, je pris deux bières dans le frigo et en tendis une seulement à l’homme qui ressemblait à un fauve. Je me doutais que l’homme en fauteuil n’en buvait pas. Là non plus, je ne sais pas comment mais je m’en doutais. Je fis sauter la capsule de ma bière et en avala la moitié d’un trait.

-         Je ne vous crois pas. C’est impossible.

-         En êtes-vous si sûre ? J’ai capté votre flux mutant lors d’une transmission télépathique avec un de mes élèves. Il était si puissant qu’il a brouillé la communication.

-         JE NE SUIS PAS UNE MUTANTE !

J’avais crié ces mots. Ils devaient se tromper. Il n’y a jamais eu de cas de mutation génétique dans ma famille et il n’y en aura certainement jamais. Nous ne sommes pas des mutants ! Est-ce que je ressemble seulement à une mutante ? Est-ce que. . . Je m’arrêtai là dans ces pensées : les mutants sont comme les hommes. Je peux être une mutante. Mais je ne le veux pas. Même après ce qu’il m’avait raconté, être mutant n’est pas idyllique dans notre monde. Seulement, je venais d’apprendre une chose : l’Institut pour surdoués non loin duquel j’habitais était rempli de mutants. Je songeai un instant à déménager puis je chassai ces idées de ma tête. Je fixai l’homme en fauteuil roulant :

-         Et qu’est-ce qui vous prouve que je suis une mutante ? Quelles sont mes caractéristiques ?

-         Nous l’ignorons totalement. Avez-vous rem. . .

Je l’interrompis aussitôt. Inutile d’aller plus loin !

-         Vous ignorez donc quels sont mes. . . quelle a été ma mutation ? Alors sortez immédiatement ! Vous n’avez rien à faire ici ! Je ne suis pas une mutante !

J’allai, de grand pas, ouvrir la porte.

-         Messieurs, je ne vous retiens pas !

Sans dire un mot de plus, ils franchirent la porte et je la claquai sur eux. Dans l’appartement, il ne restait plus que deux bières, l’une vide, l’autre encore à moitié pleine, et un silence angoissant. Deux secondes s’écoulèrent, lorsque j’entendis, à travers la porte, pour la première fois la voix de l’autre homme :

-         Ca va être plus dur que vous ne le pensiez, Charles.

-         Je sais, Logan, je sais.

A suivre. . .

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La mutante dont on ne se souvient pas. . . => Chapitre 3

Chapitre 3 : Rencontre(s) surprise(s)

Je ne m’étais pas remise de cette rencontre et je voulais de tout cœur oublier tout ce qui s’était passé avec ces hommes lorsque j’entrai au lycée de Bayville comme professeur-stagiaire de français en facultatif. Une matière très intéressante car elle ne consiste qu’en quelques heures de cours par semaine à une classe unique ! En sortant du bureau du proviseur, mes angoisses reprirent le dessus et j’étais terrifiée à l’idée que je pourrais croiser d’autres mutants qui régiraient comme ces hommes et me prendraient pour une des leurs ! Heureusement, ma première journée au lycée se passa très bien : les autres professeurs étaient très sympathiques et ont tout fait pour me mettre à l’aise et mes premiers cours portaient sur la langue française et ses origines. J’ai découvert des élèves très intéressés par la culture française, j’ai même réussi à retenir quelques-uns de leurs noms : il y’a Bobby, John, Nelson, Marie (qui se fait appeler Malicia, je ne sais pas pourquoi), Amara, Felicity et bien d’autres ! Dès les premiers cours, ils participaient et je ne me souvenais pas d’avoir été moi-même aussi intéressée par un cours !

Mais le mieux dans cette journée, c’est que je n’avais cours que jusqu’à 13 h ! ! On était en avril, il faisait très beau, pas un nuage en vue, le soleil était de sortie et les lunettes de soleil aussi ! J’en profitais donc pour aller me promener dans le parc à côté du lycée et prendre un bon bain de soleil comme beaucoup des habitants de Bayville, quand soudain mes yeux croisèrent un visage familier : je reconnus l’homme appelé Logan ! Je m’arrêtai de marcher brusquement, prise d’un grand frisson. Bizarrement, il ne semblait pas m’avoir reconnue et encore moins vue et il continuait de marcher dans ma direction, les yeux baissés sur le trottoir. Au moment où il passa devant moi, il me bouscula et grogna un léger « pardon ». Rien de plus, rien de moins : il semblait avoir oublié qu’il me connaissait.

Je continuai ma promenade encore un peu déstabilisée, quand je vis Bobby et Malicia qui se tenaient par la main. Ils me firent un grand signe de la main et vinrent dans ma direction.

-         Dites Mademoiselle, on avait une idée tout de suite et on se demandait si vous vouliez venir avec nous ce soir boire un verre en ville ? me demanda gaiement Bobby

-         On va au bar, le « Stella Spotlight », il est vraiment super ! ajouta Malicia

J’hésitai quelques instants, puis je me souvins que j’étais encore jeune et que je n’avais que quelques années de différence avec eux ! J’acceptais avec joie la proposition et ils ajoutèrent qu’ils passeraient chez moi me prendre vers 20h. Nous nous séparâmes sur cette idée et je rentrai chez moi, toute excitée à l’idée de sortir dans un bar avec mes élèves ! Je passai toute la fin d’après-midi à essayer mes tenues puis j’optai pour ma robe noire courte, un maquillage sombre et léger et des cheveux détachés. A 20h pile, Bobby, Malicia et certains autres de leurs amis étaient au pied de l’immeuble. Quand je sortis, habillé comme je l’étais, tous les garçons me sifflèrent ce qui leur valut un coup de coude dans les côtes par leurs copines. Bobby et Malicia ne firent pas exception.

-         Vous êtes très en beauté ce soir, Mademoiselle, dit Bobby

-         Elle est canon, tu veux dire ! ajouta un de ses camarades

Je ris un peu puis, avec un air malicieux :

-         Puisque ce soir, on sort ensemble, vous pouvez m’appeler Idril ! Mais pas en cours !

Nous partîmes tous dans un fou rire et toute la troupe s’ébranla vers le bar, Apparemment, les élèves étaient des habitués, car ils se dirigèrent immédiatement vers le fond où la place leur était réservée ! Je me proposai d’aller prendre les commandes et me dirigeai vers le comptoir. J’allai interpeller la barman quand une main se posa sur mon épaule. Je me retournai assez brusquement, mais ne vis que. . . John ! Il était différent d’en cours, il était habillé plus classe, mieux coiffé, mais il avait quelque chose en plus. . . J’étais incapable de savoir quoi. Il s’approcha de moi et me murmura à l’oreille :

-         Vous êtes très mignonne ce soir. . . Vous devriez vous habiller pareil en classe.

Je rougis légèrement puis me penchai à son oreille pour lui murmurer :

-         Je ne pense pas que le proviseur apprécierait. . . Ou alors il apprécierait un peu trop !

Il me regarda à son tour et me sourit franchement. C’est à ce moment-là que. . . On peut le dire, que je suis tombée amoureuse d’un de mes élèves.

A suivre. . .

Posté par Malicia35 à 20:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La mutante dont on ne se souvient pas. . . => Chapitre 4

Chapitre 4 : Un lendemain difficile

Je rejoignis les autres avec les commandes en invitant John à notre table. Les jeunes gens restèrent froids à son arrivée, j’aurai même juré qu’ils essayaient de ne pas le voir. Je donnai les boissons à tout le monde et m’assis près de John. Le reste de la soirée se déroula très vite. J’avais beaucoup bu. La seule chose dont je me souviens est d’avoir embrassé John.

Je me réveillai avec une gueule de bois monstrueuse et me rendis compte que je m’étais endormie tout habillée. Je sortis de ma chambre en titubant jusqu’à la salle de bain. Là, je me fis peur toute seule : j’avais de grandes cernes sous les yeux, des cheveux ébouriffés et un reste de maquillage pas nettoyé ! Je revins dans le salon et en regardant mon horloge me rendit compte que je n’avais plus qu’un quart d’heure pour aller donner mon cours ! En plus, je ne me sentais pas capable de conduire, alors j’avais dix minutes de marche ! Je ne fis ni une ni deux, m’aspergeai d’eau froide le visage, me recoiffai comme je pus, pris mon sac de cours et sautai dans les escaliers ! Dix minutes plus tard, j’arrivai dans la cour du lycée, courant comme je pouvais avec mes talons, sous les regards rieurs des élèves et les yeux désapprobateurs des autres professeurs. Lorsque j’arrivai enfin dans ma classe, tous mes élèves étaient déjà présents et assis à leur place. Ils me laissèrent le temps de m’asseoir avant de se lever tous et de. . . m’applaudir ! Après cela, Bobby prit la parole :

-         Alors là Mademoiselle, chapeau bas ! On avait tous parié que vous ne viendriez pas en cours ou alors que vous arriveriez en retard ! Mais vous êtes fidèles au poste alors là bravo !

Je souris légèrement en entendant ces paroles malgré mon intense fatigue. Je les fis se rasseoir avant d’entamer la leçon sur Molière. Durant tout le cours, je ne pus croiser le regard de John. Ses yeux me hantaient et je les sentais posés sur moi, sur ma nuque. Je ne savais pas s’il avait pris ou non au sérieux ce baiser que nous avions échangé. J’allai entamer la mort de Molière sur scène quand l’une des secrétaires coincées de l’administration entra dans ma salle sans frapper :

-         Mlle Carnesîr, vous êtes convoquée dans le bureau du proviseur. Immédiatement !

Je regardai dubitativement mes élèves puis leur annonçai la fin forcée du cours avant de suivre la femme au caractère revêche. Dans les couloirs, je ne pus m’empêcher de remarquer que tous les garçons se retournaient sur mon passage. Je ne voulais pas qu’ils me regardent ! Je voulais qu’ils m’oublient ! Bizarrement, au moment où je pensais ça, ils repartirent tous dans leurs activités. A force de couloirs, j’atterris sans autre forme de procès dans le bureau du proviseur qui, avant de m’adresser la parole, me détailla de haut en bas.

-         Vous faites fort, mademoiselle. Dès votre premier jour, vous sortez dans un bar avec vos élèves en tenue fort. . . dénudée, vous les draguez et, qui plus est, vous en embrassez un alors que vous êtes complètement raide ! Vous comprendrez que nous ne pouvons accepter de tels débordements. Cependant, je veux bien vous donner une autre chance.

Il s’assied à son bureau et baissa la voix.

-         Ce que je vais vous dire maintenant ne regarde que vous et moi. Ce que vous devez savoir sur les jeunes gens avec qui vous êtes sortie, c’est qu’ils ne sont pas comme tout le monde. Ce sont des. . . mutants.

Complètement abasourdie, je sortis du bureau sans un mot, n’entendant même plus le bruit de mes talons sur le sol. Ces mutants ! Ils seront donc partout ! Mais Bobby, Malicia . . . Je n’arrivais pas à le croire ! Ils sont si gentils ! Et John ? Il en est un, certainement. Je ne sais plus quoi penser avec John. J’aimerai qu’on me conseille. Je ne sais que faire.

Je retournai chez moi la tête basse, évitant les regards de mes élèves.

A suivre. . .

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24 avril 2005

La mutante dont on ne se souvient pas. . . => Chapitre 5

Chapitre 5 : John Allerdyce

Je restai la fin de la journée dans ma chambre, prostrée sur mon lit. Ce que l’homme en fauteuil roulant m’avait dit me turlupinait. Et si j’étais vraiment une mutante ? C’est vrai qu’il se passait des choses bizarres ces derniers temps : Maxime qui lui parlait comme à une amie de longue date alors qu’ils étaient sortis ensemble pendant quatre ans et qu’elle l’avait quitté parce qu’elle ne supportait plus de le voir draguer d’autres filles ; ce Logan qui ne la reconnaissait pas dans la rue alors qu’ils s’étaient fait face à face pendant une bonne demi-heure ; et John. C’est mon élève, mais en même temps, nous n’avons que quelques années de différence ! Il n’est pas majeur, c’est vrai, mais est-ce vraiment important ? Je l’aime, j’en suis sûre et c’est ça qui est vraiment important. Il faut que j’aille immédiatement lui parler de tout ça.

Je pris mon portable et l’appelai. Par comble de malchance, je tombai sur son répondeur. Sa voix douce sur sa messagerie me fit sourire en repensant à son visage, à ses yeux.

-         John ? C’était Idril, je t’appelais juste pour te dire que j’aurais aimé te parler le plus vite possible. S’il te plaît, rappelle-moi.

Voilà. C’était fait. Je m’allongeais sur mon lit, mon portable juste à côté de moi, pour sauter dessus quand il rappellerait. J’étais sur le point de m’endormir quand quelqu’un sonna. Je me levai en me frottant les yeux pour ouvrir en grommelant. Et là, je restai bouche bée. C’était John. Il était venu jusque chez moi.

-         John ? Mais qu’est-ce que tu fais là ?

-         Tu m’as dit que tu voulais me parler ? Désolé de ne pas avoir pu faire plus vite, mais je suis là maintenant.

Il s’avança, referma la porte et. . . me prit dans ses bras. Je frissonnai légèrement, mais me laissai faire. J’étais si bien dans ses bras. Nous sommes allés nous asseoir sur le canapé.

-         Alors, que voulais-tu me dire ?

-         C’est à propos de. . . De toi. Je voulais savoir si c’est vrai ce qu’on dit sur toi, comme sur Bobby ou Malicia. Tu es vraiment un mutant ?

-         Oui, répondit-il après un temps. Oui, mais je ne veux pas que tu aies peur de moi.

-         Je. . . Je n’aie pas peur. Je. . . Je t’aime, John.

-         Moi aussi, je t’aime.

Il m’embrassa. Je lui rendis son baiser. Après lui avoir souri, je lui parlais de la visite de l’homme en fauteuil roulant. Il parut quelque peu préoccupé.

-         Vraiment ? Le professeur Xavier est venu te voir ? Et il t’a dit que tu étais une mutante ? Tu dois le croire, Idril, s’il l’a dit, c’est que c’est vrai. Il ne se trompe jamais sur ce point-là. J’ai été un de ses élèves.

Je fus abasourdie par ce que j’entendais. Ainsi donc John le connaissait ! Et j’étais vraiment une mutante ! Mais pourquoi parlait-il au passé ?

-         Je me suis émancipé du professeur et de l’Institut, à la différence de Bobby et Malicia qui ne me l’ont pas vraiment pardonné. Je ne partageais pas ses opinions, il m’a laissé partir. Je vis avec d’autres mutants, je te les présenterais si tu veux. Ils pourront t’aider pour savoir quelle est ta mutation. Et ne t’occupe pas des humains. Ne leur dis pas que tu en es une et tu seras tranquille. N’oublie pas : je t’aime et je te protège.

John semblait lire dans mes pensées. Je lui demandai quel était son pouvoir et il sortit le briquet qu’il ne quittait jamais. Il passa la main dessus la flamme qui se mit à grossir et forma un cœur en flamme. La flamme disparut et il me reprit dans ses bras. Je l’embrassai, il m’embrassa. Je ne sais pas combien de temps je suis resté dans ses bras, mais jamais je ne m’étais sentie aussi bien. Alors que tout s’écroulait autour de moi, j’étais en sécurité, j’avais trouvé du réconfort. J’avais trouvé John. Ce soir-là, il passa la nuit avec moi.

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06 mai 2005

"Reprendre confiance", prologue

Prologue

Katie se mit à courir dans le couloir étroit, le souffle court. Elle était bientôt arrivée. Du moins elle l’espérait … Soudain, elle se baissa et évita un disque d’acier qui filait sur elle. Elle leva son bâton et frappa un second disque, puis évita lestement un troisième. Elle utilisa sa seule arme comme protection, sachant que si un disque la touchait, tout serait perdu.

Elle était épuisée, mais il fallait tenir. Repousser une nouvelle fois ses limites. Toujours faire mieux, toujours faire plus …

Elle repoussa encore un disque, mais son bras faiblissait. Elle avait intérêt à arriver rapidement … Elle continua donc à courir, jusqu’à arriver devant Wolverine. Dernière épreuve. Elle se campa sur ses jambes et le regarda s’approcher d’elle, lui aussi armé d’un simple bâton.

Katie brandit son arme et para le coup de Logan. Elle essaya de lui faucher les jambes et se baissa pour éviter le bâton de son adversaire qui filait droit sur son visage. Elle frappa le bras droit de Logan et profita de son avantage pour lui envoyer un coup de pied dans le ventre. Il tomba à terre et elle s’avanca vers lui.

-          Ca va ? fit-elle en rigolant à moitié.

Il ne répondit pas mais envoya son bâton dans les tibias de Katie, qui tomba à genoux par terre. Elle se releva d’un bond, en même temps que lui. Elle s’était encore fait avoir !

Les coups suivants s’enchaînèrent avec une rapidité effroyable. Logan avait augmenté sa vitesse, et Katie essayait tant bien que mal de le suivre. Elle ne faisait plus que parer ses coups, elle n’arrivait plus à attaquer vraiment.

Quand il arrêta enfin, elle lâcha son bâton et s’appuya sur ses genoux pour reprendre son souffle. Des gouttes de sueurs lui coulaient dans les yeux et des mèches de ses cheveux, échappés de sa natte, étaient collés à son front. Elle s’essuya vaguement et regarda Wolverine.

-          C’était pas mal, gamine … Tu fais des progrès ! Bientôt tu sauras te défendre toute seule !

Katie, incapable de répondre, lui fit une grimace outrée. Elle était capable de se défendre ! Mais pas de cette manière …

-          Je sais à quoi tu pense. Mais tu sais, dans la vie tu n’auras peut-être pas toujours à te battre contre des mutants. Et ce jour là, tu me remercieras !

Katie hocha la tête en riant. Elle espérait quand même que ce jour là ne viendrait pas avant que Logan n’ait fini de lui apprendre à se battre correctement.

Logan lui serra la main et reprit les deux bâtons.

-          Je pars ce soir avec Tornade, donc les entraînements, c’est fini jusqu’à ce que je revienne. Mais que ça ne t’empêche pas de continuer à faire des simulations, hein ?

-          T’inquiète pas, je viendrais aussi souvent que possible.

-          T’as fait beaucoup de progrès en quelques temps, mais évite de te laisser aller, insista Wolverine.

-          C’est bon Logan ! Je t’ai dit que j’allais continuer même sans toi.

Il hocha la tête avec un air dubitatif. Katie se mit à rigoler. Logan ne lui faisait pas beaucoup confiance à propos de ses entraînements … Pourtant, dès qu’elle en avait le temps, elle y viendrait !

Ils sortirent de la salle des dangers et Katie se dirigea vers la salle de bains. Elle était épuisée, comme à chaque fois quand Logan s’occupait personnellement d’elle … Mais elle savait que ce n’était pas inutile, et surtout, elle était fière d’elle : elle arrivait enfin à tenir contre lui sans se faire battre dès les premières minutes.

Posté par Lyel Erwan à 14:49 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

"Reprendre Confiance", chap. 1

Chap. 1 : Nouvelle mission

- Bien, vous allez maintenant vous mettre par deux, et quand je vous le dirais, vous essayerez de désarmer votre partenaire. Attention, juste désarmer ! Je ne veux pas de blessés !

La jeune femme fit signe à ses élèves de faire les groupes. Elle remarqua avec amusement qu’ils étaient presque toujours pareils …

- Vous êtes prêts ? Shania, Joram, allez-y.

Les deux jeunes gens se placèrent face à face, chacun armé d’un bâton. La première, avec ses cheveux bleus et fins et son allure élancée, semblait prête à se briser au premier assaut. Complètement opposé, le jeune homme en face d’elle était musculeux et une crête osseuse hérissait son dos, suivant sa colonne vertébrale.

Joram fut bien sûr le premier à attaquer. Il fit tournoyer son bâton d’un geste théâtral et essaya de frapper celui de son amie. Mais Shania, avec un petit sourire en coin, avait levé une main et stoppé immédiatement l’attaque. Calmement, elle arracha le bâton de Joram de ses mains et le fit voleter jusqu’aux siennes. Satisfaite, elle se tourna vers le professeur. Katie affichait un air qui oscillait entre la moquerie et la désolation. Encore une fois, Shania avait utilisé superbement son pouvoir sur le vent …

- Shania, tu contrôles très bien tes pouvoirs, tu as fait énormément de progrès … C’est bien ! Joram, par contre, c’est la troisième fois que tu te fais avoir. Il faudrait que tu changes ta tactique si tu veux pouvoir gagner un jour ! fit-elle.

- C’est pas ma faute m’dame, mais je peux rien faire contre elle moi !

- Apprends à te servir d’elle au lieu de te servir uniquement de toi ! Il faut prendre avantage de ses pouvoirs. Je te laisse y réfléchir pour la prochaine fois. Rose et Gabriel, je vous regarde.

Gabriel se laissa tomber au sol et replia ses ailes derrière son dos. Lui et Rose étaient également complètement opposés : la jeune fille arborait constamment un sourire narquois et elle semblait toujours prête à défier les gens à se battre. Son adversaire, quant à lui, avait tout de l’ange : des cheveux blonds, un visage fin et des ailes immenses et blanches …

Ils attaquèrent en même temps. Gabriel s’envola et fila droit sur la jeune fille, qui n’eut que le temps de faire un saut sur le côté pour l’éviter. Elle sauta prestement sur lui et lui ceintura les jambes. Ils tombèrent tout les deux au sol, sous le regard désapprobateur de Katie. Rose profita que Gabriel soit à terre pour lui prendre son bâton, se relever prestement et se mettre loin de lui, un grand sourire aux lèvres.

- Une prochaine fois, peut-être ! se moqua-t-elle.

- Très bien, Rose, dit Katie. Gabriel, envole toi la prochaine fois !

- J’essaierais, mais elle est lourde …

- Eh ! C’est pas vrai ! s’exclama l’intéressée.

- S’il vous plaît … fit Katie en souriant. Un peu d’attention, c’est à Franck et à Helena.

Helena s’avança timidement. La jeune fille aux yeux noirs et à la peau sombre fit face à Franck, qui semblait entouré d’un halo bleu. Ce dernier eut rapidement l’avantage sur Helena, qui de toute façon ne semblait pas vouloir se défendre très activement. Il lui suffit de s’approcher d’elle et d’électrocuter son bâton pour qu’elle le lâche précipitamment. Il ne lui resta plus qu’à le ramasser. Il se tourna vers les autres élèves et eut un sourire suffisant.

- Franck, je ne mettrai pas en doute ta victoire pour aujourd’hui, mais la prochaine fois évite d’électrocuter Helena !

- Une toute petite décharge, madame ! C’était rien du tout !

- Une décharge est une décharge, tu voudrais que je te montre ?

Le jeune homme cessa immédiatement de se plaindre. Il préférait ne pas savoir ce que cela faisait … Et il ne doutait pas que Katie soit sérieuse ! Quand elle se rendit compte de sa réaction, elle éclata de rire et se tourne vers l’avant-dernier groupe.

- Elaïne, Narcisse …

Cette fois, Katie resta sur ses gardes. Elaïne la regarda d’un air apeuré puis se tourna vers Narcisse. Cette dernière lui fit un signe d’encouragement et serra son bâton. Elle s’avança lentement vers son amie qui fit de même. Elle fit soudain un mouvement rapide vers elle comme si elle voulait lui prendre son arme, mais Elaïne avait levé la main vers elle en criant. Narcisse se figea et ses traits se crispèrent.

- Non !

Katie s’élança vers les deux jeunes filles, mais Narcisse était déjà tombée à terre. Elaïne recula, l’air épouvanté. Katie s’agenouilla près de la jeune fille inconsciente, dont le visage prenait déjà une teinte violette désagréable. Elle aurait du empêcher ça …

- Hémorragie interne, diagnostiqua-t-elle.

- Mais vous pouvez arranger ça ! supplia doucement Elaïne.

Katie ne répondit pas. Entièrement concentrée sur ses pouvoirs, elle essayait effectivement d’arranger ça. Elle voyait dans sa tête, comme si elle y était, le sang de Narcisse qui lui obéissait …

Peu à peu, le visage de Narcisse reprit une couleur normale. Katie se redressa et la prit dans ses bras, soulagée. Elle était sauvée.

- Je l’emmène à l’infirmerie. Le cours est terminé.

Les élèves se pressèrent derrière Katie alors qu’elle la portait à l’infirmerie. La jeune fille s’en remettrait, mais elle se sentait encore horriblement coupable … Son rôle de professeur était d’empêcher les accidents comme celui-ci ! Avec ses pouvoirs, elle en avait largement les capacités … Pourquoi était-elle aussi lente à réagir ?

A l’infirmerie, Katie déposa la jeune fille et la remit aux soins de Jean, en lui expliquant vaguement la situation. Heureusement, la jeune femme était compréhensive, et les accidents n’étaient pas rares ! Elle s’y était habituée. Malgré sa confiance dans les pouvoirs de Katie, cette dernière se pouvait s’empêcher de douter. Pourquoi n’avait-elle pas agit avant ?

- Mademoiselle ?

- Oui ?

Katie se retourna et vit qu’Elaïne était restée derrière elle. Elle semblait terrifiée. Katie lui fit un sourire rassurant.

- Elle va s’en remettre, ne t’inquiète pas.

- Je suis vraiment désolée, vous savez … Vous ne devriez pas me faire faire des choses comme ça, vous savez bien que j’arrive pas à me contrôler !

- Mais le but est que tu y arrives, non ? Si tu arrête de t’entraîner, tu ne réussiras jamais à te contrôler.

- Mais si je continue, je vais finir par tuer quelqu’un !

- Mon rôle est de t’en empêcher, répliqua vivement Katie.

- Mmh … acquiesça la jeune fille, peu convaincue.

A vrai dire, Katie non plus n’en était pas convaincue. Elle quitta son élève avec quelques mots réconfortants et monta au premier étage. Elle aurait voulu voir Kurt, mais il était parti depuis une semaine. Elle se rabattit donc sur la salle de musique.

- Bonjour Lucas … fit-elle au jeune homme qui lui tournait le dos.

- Katie ! Comment vas-tu ? fit-il avec enthousiasme.

- Pas trop mal …

Elle haussa vaguement les épaules et vint s’installer près de lui, devant un piano. Il la regarda avec étonnement.

- Tu ne devais pas avoir cours ?

- Si, mais il est fini. Il y a eu un petit … incident.

- Oh … Pas de blessés ?

- Non.

Lucas hocha la tête et lui sourit.

- Je t’ai dérangé … Ne t’occupes pas de moi et continue ce que tu faisais, je t’en prie.

Lucas ferma les yeux et Katie retint son souffle. Elle adorait ses pouvoirs, et elle allait encore une fois en avoir une démonstration …

Une mélodie au piano s’éleva de nulle part, suivie par un violoncelle qui se mit à jouer. Katie sentit un frisson lui parcourir l’échine en entendant la musique créée par Lucas. Elle l’observa sans rien dire. Il fronçait légèrement les sourcils, et ses mains remuaient légèrement, comme s’il mimait un pianiste. Ses cheveux noirs lui tombaient en mèches sur les yeux, mais il ne semblait pas s’en rendre compte. Quand la musique décrut et s’arrêta, il regarda Katie avec un léger sourire.

- Ca t’a plu ?

- C’était magnifique, souffla-t-elle.

Elle se sentait tellement bien, à nouveau. A chaque fois qu’elle entendait Lucas « jouer », tout ses soucis s’envolaient. Le jeune virtuose, aussi appelé Cello en honneur de son instrument préféré, avait le pouvoir de créer la musique, toutes sortes de musiques. Et comme il le disait si souvent, elle « adoucit les mœurs » … Sa musique avait le don d’influencer les humeurs. Et Katie était sous le charme. Elle qui avait toujours aimé le chant …

Elle sursauta soudain en entendant la voix de Charles Xavier dans sa tête. « Katie, est-ce que tu pourrais passer à mon bureau, s’il te plaît ? ». Elle se leva avec regret.

- Je dois aller voir le professeur. Merci pour ta composition, elle était merveilleuse.

- J’espère que tu repasseras bientôt ! lui cria Lucas alors qu’elle sortait de la pièce.

Elle ne répondit pas et se dirigea vers le bureau de Charles. Le charme était rompu et elle sentait à nouveau la culpabilité et le doute l’envahir. Quand elle frappa à la porte, elle se demandait s’il l’appelait pour lui parler de l’accident de tout à l’heure. Elle entra et s’assit devant lui.

- Ca n’a pas l’air d’aller …

- Vous n’êtes pas au courant ? Elaïne a perdu le contrôle, encore une fois. J’ai du emmener Narcisse à l’infirmerie … Mais elle va bien, je vous assure !

- Tant mieux, tant mieux ! Elaïne … Cette petite à beaucoup de mal. Elle n’a pas assez confiance en elle, je pense.

- Il faut avouer que ses pouvoirs …

- Evidemment, c’est assez compliqué. Elle est dangereuse pour elle et pour les autres. Mais tu la surveilles, non ?

- Professeur … Je suis désolée pour tout à l’heure, je n’ai pas réagi assez vite. Je le savais, pourtant ! J’étais sur mes gardes, mais … Je ne sais pas.

- Ne t’inquiète pas, ça arrive. Mais tu devrais faire attention, tout de même.

Katie se renfrogna. Elle n’avait pas de besoin de lui pour faire cette conclusion. Le professeur sembla se rendre compte qu’elle était vexée et changea de sujet en souriant.

- Mais ce n’est pas de cela que je voulais te parler. J’ai une mission à te confier. J’ai découvert une nouvelle mutante, à New York, et comme Tornade et Wolverine sont partis au Canada, j’ai pensé à toi pour aller la voir et lui parler.

- Moi ? Mais … Je n’ai jamais fait ça !

- Il y a une première à tout, non ? Mais je comprendrais que tu refuses, bien entendu.

- Je n’ai pas dit ça ! S’exclama Katie.

Charles sourit de plus belle et Katie secoua la tête.

- Je … Je ne sais pas si j’en suis capable, vous savez.

- Si je te le propose, c’est que j’ai confiance en toi. Cette jeune fille s’appelle Luna. Je ne sais pas encore en quoi consistent ses pouvoirs, ce sera à toi de le découvrir. Par contre, je sais qu’elle un physique un peu particulier.

- Comment ça ?

- Ses yeux lui mangent la moitié du visage et sa peau … Elle n’a pas de peau, mais des écailles noires.

Katie hocha la tête en essayant d’imaginer la jeune fille dans sa tête. Elle avait déjà vu beaucoup de mutants aux physiques extraordinaires, en commençant par Kurt.

- Elle est effrayée, elle ne comprend pas ce qu’il lui arrive. Plus personne ne l’approche, elle est seule. Si nous ne l’aidons pas, c’est Magnéto qui le fera … Ou pire encore.

- Très bien, j’irais la voir. Je pars quand ?

La perspective de savoir que la jeune fille pouvait tomber aux mains de Magnéto l’avait définitivement décidée. Pour elle, Magnéto était la pire chose qui pouvait arriver à un mutant.

- Merci Katie. J’aimerais que tu y ailles le plus vite possible. Mais essaye de faire connaissance avec elle, qu’elle te connaisse un peu, bref, qu’il y ait un contact entre vous. Elle aura plus confiance en toi.

- Vous m’en demandez beaucoup ! Mais je vais faire ce que je peux, je vous le promets. Si vous me donnez ses coordonnées, je peux partir dès aujourd’hui.

Quand elle sortit du bureau du professeur, Katie avait toutes les informations dont elle aurait besoin sur la jeune mutante appelée Luna. Il ne lui restait plus qu’à aller à New York et à la rencontrer … Si seulement elle y arrivait mieux avec elle qu’avec Elaïne !

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18 mai 2005

"Reprendre Confiance", chap. 2

Chap. 2 : Luna Blair, 16 ans                      

Dans sa chambre, Katie réfléchissait à la jeune fille qu’elle allait devoir rencontrer. Comment ferait-elle pour l‘aborder ? Devait-elle se présenter immédiatement comme une mutante qui voulait l’aider ? Ou juste lui dire qu’elle voulait l’aider ? Elle n’en avait aucune idée. Elle penchait plutôt pour décider quand elle serait devant elle !

Elle descendit dans le hall avec un petit sac à dos et croisa Lucas. Celui-ci s’arrêta devant elle et mit ses poings sur ses hanches.

-                       Enfin ! Ca fait une demi-heure que je te cherche ! Je n’ai pas de radar intégré moi …

-                       Tu m’en vois désolée … railla Katie. Que se passe-t-il de si important pour que tu sortes de ta salle ?

-                       J’ai appris que tu t’en allais … Xavier t’as donné une mission secrète et ultra-importante pour que tu partes sans me dire au revoir ?

Katie sourit au jeune homme. En effet, elle avait oublié de lui dire … Légèrement étonné qu’il ne soit sorti que pour lui dire ça, elle prit une mine détachée pour lui répondre.

-                       Ma mission n’est pas spécialement secrète mais je me suis dit que ça ne servirait à rien de te dire au revoir puisque je reviens ce soir !

-                       C’est une petite mission alors !

-                       Disons plutôt que c’est une mission à long terme ! Allez, il faut que je file, mon taxi m’attends !

-                       A ce soir alors !

Elle fit un petit signe à Cello et sortit sur le perron. Elle n’avait pas vraiment de taxi, elle se conduirait elle-même à New York en empruntant la voiture de Scott, mais elle n’avait pas envie de s’éterniser : elle avait hâte de rencontrer la jeune fille.

Dans la voiture, elle se remémora les informations sur la jeune fille : Luna Blair, 16 ans, vivant en banlieue dans un foyer pour orphelins. Le foyer ne l’avait pas rejetée à cause de son apparence, mais sa vie semblait assez compliquée. Elle n’en savait pas plus, mais cela lui suffisait. Elle essaierait de la rencontrer dans son foyer en se présentant comme une professeur spécialisée pour les mutants, mais elle espérait d’abord se présenter à elle comme mutante, comme une amie.

Katie descendit de la voiture et regarda la bâtisse devant elle : cela n’avait rien de l’Institut … Mais malgré l’absence du luxe, Katie ne remarqua pas de marques frappantes de misère. Luna devait vivre décemment, au moins.

Elle s’avança et frappa à la porte. Elle avait senti les pouvoirs d’un mutant dans la maison, et elle le sentait s’approcher … La porte s’ouvrit. Katie aurait sûrement été choquée par l’apparence de la personne qui venait d’ouvrir si elle n’avait pas vécu entourée de mutants. Cela ne faisait aucun doute qu’elle se tenait devant Luna elle-même … La jeune fille la fixait de ses immenses yeux noirs. Elle avait le corps recouvert d’écailles noires et brillantes et elle était vêtue d’une robe noire et blanche qui faisait ressortir ses particularités physiques. Katie lui sourit amicalement.

-                       Bonjour. C’est toi Luna Blair ?

-                       C’est moi. Pourquoi ?

-                       Je m’appelle Katie Kraven, je voulais juste discuter un peu avec toi …

-                       De ma mutation, c’est ça ?

-                       Heu oui, en effet …

-                       Alors laissez-moi d’abord vous poser une question. Vous êtes dans quel camp, vous, dans celui des gens qui me montrent du doigt en hurlant au monstre ou dans celui des autres ?

-                       Je ne sais pas trop ce que tu entends par autres … Mais je crois que je suis plutôt de ceux-là. Je ne suis pas du genre à juger les gens sur leurs apparences …

Lune s’effaça pour laisser entrer Katie, et la conduisit dans un petit salon où elle la fit asseoir. Elle s’installa en face d’elle et la regarda avec curiosité.

-                       Je ne sais toujours pas pourquoi vous êtes là, mais … Tant que vous n’êtes pas une anti-mutants …

-                       Je ne risque pas, je suis aussi une mutante ! En fait, je suis professeur. J’enseigne exclusivement à des mutants, alors je n’ai pas ce genre de préjugés.

-                       Vous enseignez quoi ?

-                       Ce n’est pas une matière à proprement parler … J’aide les jeunes mutants à se servir de leurs pouvoirs, expliqua Katie.

-                       C’est cool … Mais vous savez, je n’ai pas besoin de vous, si c’est pour ça que vous êtes venue. Mes seuls « pouvoirs », c’est d’être un monstre, alors …

-                       Je ne trouve pas que tu sois un monstre, moi. Je connais des gens qui ont aussi une apparence hors du commun, et … Pour tout te dire, mon petit copain est recouvert de fourrure bleue et il a une queue d’un mètre cinquante ! Il n’est pas vraiment humain et pourtant il est loin d’être un monstre …

Katie avait sourit en voyant le visage de Kurt dans son esprit et vit avec soulagement Luna esquisser un sourire.

-                       Alors comme ça tu n’as pas de dons extraordinaire ?

-                       Non, je ne crois pas, répondit Luna. Je n’ai jamais eu de capacités extraordinaires comme faire du feu avec mes mains ou voler, désolée.

-                       Tu n’as pas besoin d’être désolée ! Peut-être que ta seule mutation est ton physique, peut-être que tu peux faire des choses bizarres sans que tu ne t’en sois encore rendue compte … Si ça se trouve, tu le remarqueras dans quelques années, ou demain.

-                       Ou jamais …

-                       Aussi, oui. Mais cela ne change rien : tu sais que tu es une mutante … Cela ne te plairait pas de côtoyer des gens comme toi ?

-                       Bof, je sais pas trop … C’est pas parce que je suis mutante que j’ai forcément envie de vivre avec eux. Je suis désolée pour vous, mais moi, les gens qui ont des pouvoirs pas normaux ça me fait un peu peur … Alors je me méfie.

-                       Tout les mutants ne sont pas comme ceux qu’on dépeint dans les médias : ils ne sont pas tous des psychopathes, tu sais !

-                       Je sais bien ! Enfin, je suppose. Mais ces personnes là … C’est bizarre quand même, pouvoir voler ou être télépathe, vous trouvez pas ? Non, sûrement, puisque vous êtes aussi une mutante … fit Luna.

-                       Mais ce n’est pas parce que je suis une mutante que je ne suis pas étonnée des pouvoirs de mes élèves … Ou de mes pouvoirs.

-                       Vous pouvez faire quoi, vous ?

Katie réfléchit une seconde à la meilleure façon de lui répondre, mais comme à chaque fois, elle ne trouva pas d’autre solution que de lui expliquer en gros ses pouvoirs. Il faudrait quelle se penche un peu plus sérieusement sur le problème, parce qu’elle détestait la façon dont elle le décrivait.

-                       J’absorbe les pouvoirs des mutants autour de moi , dit-elle.

-                       Ah je vois … répondit Luna avec l’air de celle qui ne voit pas du tout.

-                       C’est assez compliqué, et c’est quelque chose que je ne comprenais pas, au début. Quand mes pouvoirs se sont manifestés, je n’arrivais pas à savoir clairement en quoi ils consistaient. Maintenant, je le sais, parce que je suis allée dans un institut spécialisé pour les mutants.

-                       Et c’est là que vous voulez m’emmener, si j’ai bien compris ?

-                       Je ne veux pas t’y emmener. Je voudrais juste que tu viennes y jeter un coup d’œil, juste pour voir. Tu es libre de tes choix, nous ne forçons personne à venir à l’Institut.

Luna et Katie discutèrent pendant un bon moment sur l’Institut. Katie ne voulait pas brusquer la jeune mutante, mais elle ne savait pas si elle employait les bonnes méthodes avec elle. Comment aurait fait Jean à sa place ? Ou même Logan ? Elle ne se sentait pas à l’aise pour ce rôle, mais elle ne devait pas décevoir Charles …

Au bout de quelques heures, où Katie avait appris beaucoup de choses sur Luna, elles se rendirent compte que l’après-midi était déjà bien avancé.

-                       Je vais te laisser, Luna. Je suis très contente d’avoir fait ta connaissance …

-                       Moi aussi. Je n’avais jamais réfléchi à aller vivre avec des mutants …

-                       Maintenant tu pourras y penser ! fit Katie avec un sourire.

-                       Oui … Je vais voir … Tu repasses quand ?

-                       Quand ça t’arrange ! Je suis sûre que mes élèves ne verront pas d’inconvénients à avoir quelques heures de libres en plus grâce à toi !

-                       Alors …Jeudi soir ? C’est dans deux jours, j’aurais peut-être eu le temps d’y penser un peu plus.

-                       Très bien, je serais là jeudi !

Luna ne s’étant pas décidée, Katie avait réussi à lui faire proposer qu’elle revienne dans la semaine pour continuer à parler de l’Institut. Charles avait déjà deviné qu’il faudrait qu’elle y retourne …

Katie rentra à l’Institut assez contente d’elle. Certes, elle n’avait pas encore convaincu Luna de venir, mais elle avait déjà réussi à créer certains liens avec elle. Au début, la jeune fille la vouvoyait, maintenant elle la tutoyait. Et elle lui avait parlé de son passé sans pudeur. D’ailleurs, elle-même lui avait fait quelques confidences pour la mettre à l’aise.

Katie espérait qu’elle ne faisait pas ça juste pour qu’elle vienne à l’Institut, sinon elle pourrait passer pour hypocrite … Elle ne la mettait pas en confiance juste pour ses intérêts personnels. Luna lui plaisait, et elle n’avait pas beaucoup hésité avant de lui parler franchement.

Elle allait monter directement dans sa chambre quand elle pensa à Cello. Elle pouvait faire un petit détour par la salle de musique, comme ça il ne pourrait pas lui reprocher de l’oublier …

Elle entra dans la salle et resta sur le pas de la porte, pétrifiée par la musique que Cello était en train de créer. Tristes à mourir, mais avec une note d’espoir, les sons l’avaient pris à la gorge et elle ne savait plus ce qu’elle devait faire. Une soudaine envie de pleurer l’avait envahie en entendant Lucas jouer, tellement ce qu’il faisait était beau, tellement c’était triste … Pourquoi composait-il une chose pareille ?

Soudain, il sembla se rendre compte de sa présence. Le jeune homme se tourna vers elle et la musique prit soudain une note plus joyeuse, plus entraînante. Ce fut comme si un étau la libérait. Katie respira et sourit à Lucas, soulagée.

-                       Alors, cette mission ? demanda Cello en arrêtant de jouer.

-                       Bien … Je … J’ai rencontré la mutante que je devais voir, et on a discuté. Je retourne la voir après-demain, répondit Katie après une hésitation.

La musique du jeune homme résonnait encore dans sa tête, prenante et lancinante.

Elle s’assit devant le piano et regarda Cello. Elle l’appréciait beaucoup, elle aimait beaucoup sa musique, mais quand ses pouvoirs la prenaient comme ils venaient de le faire, elle ne savait plus quoi penser de lui.

-                       Ca te dirait un petit duo ? proposa soudain Lucas. Toi au chant et moi à la musique.

-                       Maintenant ?

-                       Bien sûr, pas dans trois semaines ! Si tu veux, je peux même te faire ta musique préférée. J’ai cru comprendre que tu aimais bien Evanescence ?

-                       C’est mon groupe préféré … Tu pourrais le jouer ?

-                       Pour qui tu me prends ? Bien sûr que je sais le faire ! Et celle que tu veux !

-                       Mais je ne suis pas sûre de pouvoir, moi …

-                       Tatata ! Je t’ai déjà entendu chanter, tu as une voix magnifique ! On va faire un super duo, tu vas voir !

Lucas sourit d’un air rassurant à Katie. Elle lui était reconnaissante de croire en elle, mais elle ne savait vraiment pas si elle serait à la hauteur … A sa hauteur ! Cello était tellement doué …

-                       D’accord, on va faire « You ». fit-elle après avoir réfléchi une seconde à celle qu’elle connaissait le mieux.

Lucas hocha la tête et commença à jouer. Un air au piano s’éleva, légèrement, et Katie se mit à chanter d’une voix douce.

-                       The words have been drained from this pencil, Sweet words that I want to give you, And I can’t sleep, I need to tell you... goodnight 

Katie ferma les yeux et continua de chanter, exaltée, la chanson d’amour si belle qui lui faisait penser à Kurt … Les paroles la faisaient vibrer, elle ne pensait plus qu’à son elfe bleu.

Quand elle eut fini de chanter, elle regarda Lucas avec un grand sourire. Lui ne l’avait pas quittée des yeux de toute la chanson.

-                       C’était super ! Tu vois que tu chantes très bien … Tu n’avais pas besoin de t’en faire pour ça !

-                       C’est vrai, tu trouve que j’ai bien chanté ? Merci …

-                       J’ai adoré, personnellement … fit Lucas.

-                       Moi aussi.

Lucas s’approcha de Katie. Cette dernière, exaltée, encore imprégnée de la chanson, ne s’en rendit pas compte. Elle se leva et lui fit un sourire éclatant.

-                       Merci beaucoup, Lucas. Je te laisse maintenant, il va falloir que j’aille faire mon rapport au professeur. On se voit au dîner !

Elle quitta la pièce avec un signe de la main pour le mutant. Cet intermède musical lui avait définitivement remonté le moral.

Elle se rendit d’un pas léger chez Charles et frappa à la porte.

-                       Entre ! fit le professeur derrière la porte.

Katie obéit et alla s’asseoir devant son bureau.

-                       Alors, comment s’est passée cette première rencontre avec Luna ?

-                       Pas trop mal …

Elle lui raconta le long dialogue qu’elle avait eu avec la mutante, sans oublier son sentiment de réussite …

Charles parut content de la voir si enthousiaste.

-                       Alors tu ne regrettes pas d’avoir accepté ?

-                       Non, pas pour l’instant ! Mais je n’ai pas encore réussi à la faire venir, ne serait-ce que pour une simple visite …

-                       C’était prévisible. Elle a toujours vécu en mutante, entourée d’humains, elle ne veut peut-être pas changer si brutalement. Par contre, ce que je ne comprends pas, c’est que tu n’aies pas remarqué ses pouvoirs. Cérébro vient juste de la détecter, et pourtant elle a toujours été comme ça …

-                       Peut-être qu’elle-même n’a pas encore remarqué ses dons, voilà tout !

-                       Peut-être … J’aimerais justement que tu les découvre. Cela ne devrait pas t’être trop difficile, non ?

Katie secoua la tête négativement. Elle pouvait très facilement absorber les pouvoirs de Luna, et ensuite les tester pour voir ce qui en résulterais.

-                       Fais tout de même attention, on ne sait jamais sur quoi tu pourrais tomber.

-                       Bien sûr …

Mais le souvenir d’Elaïne lui revint soudain en mémoire. Et si Luna avait un pouvoir du même genre ? Les accidents étaient si rapides et si imprévisibles … Si elle devait tester un pouvoir de cet acabit sans savoir ce qu’elle déclencherait, il faudrait qu’elle fasse très attention !

Katie quitta Charles perdue dans ses pensées, cherchant le meilleur moyen de découvrir les pouvoirs de la jeune fille sans craindre de blesser quelqu’un.

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Je Regrette : Prologue

Je Regrette : Prologue

Par Lamina [ Fic remplie de flash back ]

Lamina ouvrit lentement les yeux.Un bruit venait tout juste de la réveiller doucement. S'étais celui de sa télévision encore ouverte , encore ! Elle s'étais encore endormie en plein après-midi ! Elle ne put réprimer un petit grognement de fatigue et se redressa lentement en cherchant a taton la télécommande. Elle s'étais endormie sur le canapé de son salon. Elle finit par trouver la télécommande et éteignit alors la télévision puis se leva en baillant et en se frottant les yeux. S'étais clair , elle ne dormait pas asser. Ses nuits était quotidiennement hantée de cauchemards , et lorseque se n'étais pas les cauchemards , s'étais simplement qu'elle se refusait de s'endormir de peur qu'ils ne reviennent. La Jeune mutante essaya de chasser ces pensées de son esprit et se dirigea vers la salle de bain en replacant une longue mèche rouge rebelle derrière son oreille. Elle entra dans la petite pièce et s'appuia au bord du comptoir envahis d'un débarras de brosses et d'accessoires cà et là ! Ce n'étais pas une femme très ordonner mais , elle ne se cassait pas trop la tête avec ces détails. Elle vivait seule et recevait peu de visite alors , pourquoi s'en soucier? Elle releva la tête et se regarda dans le mirroir. 23 ans , elle avait 23 ans ... ses cheveux avaient grandement poussés et lui arrivait maintenant un peu plus bas que la taille et ses mèches était toujours la et ne se décollorait pas! Tout juste 23 ans ... Ont dit qu'au alentours de 19-20 ans la vie commence , mais pour Lamina Jones , sa vie a commencer a sombrer ...

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19 mai 2005

La mutante dont on ne se souvient pas. . . => Chapitre 6

Chapitre 6 : « Je sais quel est mon pouvoir, je le maîtrise parfaitement. »

Le temps passa, tout se déroulait pour le mieux à Bayville à part les démonstrations de violences de la part d’humains à l’encontre des mutants. Mais il fallait faire avec, ça serait toujours comme ça. Bizarrement, j’avais commencé à prendre des cours de self-défense, je me sentais plus protégée comme ça. Mes élèves se comportaient correctement en cours, mais on sentait des tensions entre les humains et les mutants. De mon côté, John m’avait emmené voir son mentor, Erik Lensherr. C’est un homme aux cheveux grisonnants, aux yeux gris comme le fer et au premier abord sympathique, mais on se rend compte rapidement qu’il demande beaucoup à ses élèves. Ma première rencontre avec lui fut de courte durée et il n’eut que le temps de me présenter les autres mutants qui faisaient partie de la Confrérie et dont je n’ai retenu que quelques noms : Wanda et Pietro Maximoff, Lance Alvers, Todd Tolensky, Tabitha Smith et Rémy Lebeau furent les seuls présentés. D’après les propos de Tabitha, une certaine Mystique vivait là également, mais que même si on me la présentait, je n’arriverais jamais à la reconnaître dans la rue. Je n’ai pas compris pourquoi elle disait ça, mais Erik ne me l’a pas plus expliqué. La deuxième fois que je l’ai vu, il est directement venu chez moi, il était seul, je revenais des cours, John était rentré directement à la Confrérie. Nous nous sommes assis sur le canapé et il m’a demandé de lui décrire tout ce que j’avais trouvé bizarre depuis un certain temps et je ne manquais pas de lui expliquer l’événement étrange qui s’était déroulé avec Logan, l’homme qui ressemblait à une bête sauvage. Il demeura toute la fin d’après-midi et prit le thé avec moi mais déclina mon invitation à rester dîner. « Je dois retourner à la Confrérie », me dit-il « Mais merci quand même. Tu es, de même, la bienvenue à la Confrérie, tu viens quand tu veux. ». Je le remerciai et il partit.

Je me fis à manger et mis à fond le premier mouvement de « la Symphonie du Nouveau Monde » de Dvorak sur mon lecteur pour corriger mes copies, tout en sachant pertinemment que mon voisin, qui déteste tout autant la musique classique que les Français et les mutants, allait venir frapper à ma porte d’ici moins de cinq minutes, mais j’avais envie de me défouler et ce n’est pas ce crétin qui allait m’empêcher de faire ce que je veux ! J’avais déjà corrigé quelques copies quand on vint frapper à ma porte. J’allai ouvrir pieds nus, un crayon dans les cheveux, prête à balancer tout ce que je pensais ! Mais encore une fois ce n’était pas mon voisin, mais le professeur Xavier qui venait me rendre visite. Et il n’était pas seul. Mais ce n’était pas la même personne : cette fois-ci, un jeune homme l’accompagnait, un jeune homme en blouson de cuir et aux lunettes rouges. Je les fis entrer et leur proposai à boire, mais ils refusèrent tous les deux spontanément.

- Votre ami poilu n’est pas avec vous aujourd’hui ? demandai-je avec une pointe d’ironie au professeur.

- Non, me répliqua-t-il d’un ton si sec qu’il me fit frissonner, notre ami poilu, comme vous dites, est souffrant. Depuis notre visite ici, non seulement, il ne se souvient pas de vous, de plus il a oublié le nom de la plupart de nos élèves. Par contre, des souvenirs totalement inconnus remontent à la surface et l’ont cloué à l’infirmerie. Et c’est pour cela que nous sommes ici. Je suis persuadé que votre pouvoir mutant concerne la manipulation mentale. Seulement, j’ignore à quel niveau vous intervenez exactement. C’est pourquoi, je vous propose de venir passer des tests à l’Ins. . .

- Pourquoi faire ? C’est bon, maintenant, je sais quel est mon pouvoir, je le maîtrise parfaitement, je n’ai pas besoin de passer des tests, répondis-je, plus brusque qu’à l’accoutumé.

Ils se regardèrent tous les deux sans dire un mot. Je me sentis gênée tout à coup. Je tentai de m’excuser à propos de mon comportement, j’expliquai que je n’avais pas beaucoup de temps pour moi en ce moment, que j’étais fatiguée, etc. . . Le professeur accepta mes excuses et le jeune homme me sourit. Soudain, le professeur détourna la tête et sembla absent un instant. Puis il parut se réveiller et me dit :

- Je m’excuse Idril, je vais devoir vous laisser, je dois partir immédiatement.

Puis se tournant vers le jeune homme :

- Scott, Ororo vient me chercher en jet, l’état de Logan est critique. Je vous attends tous les deux à l’Institut à 21h sans faute.

On entendit soudain le jet se poser sur le terrain vague d’à côté et le professeur disparut dans l’ascenseur. Le jet décolla quelques minutes plus tard. Je regardai, inquiète, le jeune homme, Scott, et tentai de discerner son regard à travers ses lunettes, mais en vain.

- Prends quelques affaires au cas où tu devrais passer la nuit à l’Institut.

Sa voix était dure. Je pris trois bricoles, sautai dans mes chaussures et il m’emmena dans sa décapotable jusqu’au bâtiment éclairé en conduisant brusquement. Il semblait très contrarié. Quand nous arrivâmes dans le hall luxueux, tous les regards des élèves qui s’étaient rassemblés là se tournèrent vers moi. Des regards plein de haine. Ils avaient tout de suite deviné qui j’étais et ce que j’avais fait. Ils me détestaient tous. Même Bobby et Malicia.

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La mutante dont on ne se souvient pas. . . => Chapitre 7

Chapitre 7 : Première expérience du pouvoir mutant

Scott me planta dans le milieu du hall et poussa l’une des nombreuses portes du bâtiment, me laissant seule au milieu de ces jeunes gens prêts à m’étriper sur place s’ils le pouvaient. Ma première envie fut de m’enfuir, mais quelque chose me disait que je n’irais pas loin. Bobby et Malicia s’avancèrent vers moi.

-         Pourquoi tu as fait ça ? me cracha Bobby. On te faisait confiance et dès que tu as su que tu étais une mutante, tu as utilisé tes pouvoirs sur Logan ! Pourquoi tu as fait ça ?

Bobby faisait une tête de moins que moi, mais à cet instant précis il me terrorisait complètement.

-         Je. . . Je te jure que je ne sais pas ce que j’ai fait ! Je ne sais même pas quel est exactement mon pouvoir ! Je. . . je ne sais pas m’en servir !

Je me rendis compte à cet instant que je disais le contraire de ce que j’avais affirmé plus tôt dans la soirée. Je me sentais complètement perdue, quand une femme à la peau sombre et aux cheveux blancs sortit d’une salle, me prit par les épaules sans un mot et m’emmena dans cette salle. Nous longeâmes un long couloir blanc sans dire un mot ni l’une ni l’autre. Une porte coulissante s’ouvrit devant nous et nous entrâmes dans ce qui devait être l’infirmerie. Une infirmerie aussi blanche que les draps dans lesquels étaient couchés Logan. Je m’approchai de lui, il était aussi pâle que la mort. Le professeur Xavier et Scott étaient là également. Le professeur actionna son fauteuil et s’avança vers moi.

-         Son esprit est tourmenté par des souvenirs enfouis au plus profond de sa mémoire. Je n’arrive pas à le localiser. Nous pensons avoir trouvé quel était exactement ton pouvoir. Mais on n’a pas le temps de le vérifier, sinon Logan va bientôt devenir fou.

-         Quel est mon pouvoir ? lui demandai-je, tremblante.

-         Nous pensons que tu manipules la mémoire et les souvenirs. Ce que tu vas faire sera dur physiquement et très compliqué. Je veux que tu entres dans sa mémoire et que tu chasses tous ces souvenirs qui le tourmentent pendant que je récupère son esprit.

-         Mais. . . Professeur, je. . . J’en suis incapable !

-         Il n’y a que toi qui puisses le sauver.

J’hallucinais ! Je suis la seule à sauver un homme que je n’ai vu que deux fois dans ma vie, le sauver d’un mal que je lui ai causé et qui pourrait le tuer ! Et si j’effaçais toute sa mémoire sans le faire exprès ? ! Je ne m’en sentais absolument pas capable et je ne comprenais pas pourquoi ils me faisaient confiance.

-         Parce que nous n’avons pas d’autre choix, Idril, dit le professeur.

J’étais complètement ahurie, mais il me prit la main et me conseilla de m’accrocher. Je sentis un frisson me parcourir le dos et soudain, je me retrouvai seule dans un univers sombre. Je me frottai les yeux mais l’infirmerie avait bel et bien disparu. Je marchai (ou avait l’impression de marcher) un moment pour arriver dans un laboratoire désertique et dévasté. J’avançai et sentis craquer sous mes pieds des morceaux de verre d’éprouvettes brisées. Des schémas à moitié brûlés traînaient par terre. Ce laboratoire suintait la mort et l’effroi, la torture, les violences morales, les humiliations mentales. Ce ne pouvait être qu’un cauchemar.

-         Nous sommes dans ses souvenirs.

Je me retournai brusquement : c’était le professeur qui venait d’apparaître derrière moi.

-         Voilà le décor. Tu dois le faire disparaître. Moi, je vais trouver Logan.

Il disparut à nouveau sans plus de cérémonie. Faire disparaître le décor ? Mais comment faire ? C’est impossible ! Je respirai un grand coup et m’assis sur le sol (enfin, ce qui semblait être le sol). Faire disparaître. Le décor. Disparaître. Disparaître. Effacer. Tout effacer. Le décor. Décor, dessin, dessin décor. Je comparai ma mission à un dessin à effacer. Ca me paraissait plus simple ainsi. Je fermai les yeux et imaginai une des portes défoncées du laboratoire. Je m’imaginai prendre une gomme et frotter pour l’effacer. J’ouvris les yeux : elle n’avais pas complètement disparu mais était visiblement plus pâle. Je me concentrai à nouveau et la porte disparut entièrement. Mais une porte ce n’est pas tout un laboratoire. Je décidai de m’allonger par terre pour mettre toute l’énergie de mon corps au service de mon pouvoir. La pièce commençait à disparaître quand des vertiges me prirent, mais je décidai de tenir jusqu’au bout. La salle, en s’effaçant, se mit à tourner autour de moi, les couleurs changeaient, me donnaient envie de vomir et soudain je perdis conscience.

Quand je me réveillai enfin, je vis les murs blancs de l’infirmerie et le visage hirsute de Logan.

-         Bon retour parmi nous, petite.

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La mutante dont on ne se souvient pas. . . => Chapitre 8

Chapitre 8 : Nouveau départ

Je ne sais plus ce qui s’est passé après ça. Le seul souvenir le plus proche de cet événement est l’escalier qui me menait à ma salle de classe le lendemain. Je donnai mes cours sans montrer d’intérêt à ce que je disais et l’attention des élèves s’en ressentait, ils étaient distraits lointains. Une seule fois du cours je les ai regardés, et je n’ai croisé qu’un seul regard : celui de Malicia. Un regard plein de reconnaissance. A la sortie du cours, en sortant, Bobby me frôla et murmura un merci plein de gratitude.

Je sortis du lycée et le doux soleil du printemps me caressa la nuque. Mon attention fut attirée par un groupe d’élèves qui criaient fort et menaçaient de se battre. Parmi eux, je reconnus des élèves vus à l’Institut et des humains qui étaient dans ma classe.

-         Que se passe-t-il ici ? criai-je.

Ils se retournèrent tous vers moi.

-         On discutait de l’utilité des mutants sur terre, mam’zelle, pas de quoi fouetter un chat ! ricana un élève à la voix cassante.

-         Ca te pose un problème, sans doute, qu’il y’ait des gens différents de toi ? rétorquai-je méchamment.

-         Non, mam’zelle, tant qu’ils ne viennent pas dans notre lycée !

A cette phrase, tous ses amis éclatèrent de rire. Désopilant, vraiment.

-         Ca vous amuse de persécuter les mutants, n’est-ce pas ? Eh bien, je vais te faire une révélation, mon gars, moi aussi, je suis une MUTANTE ! Et quelque chose me dit qu’à ton prochain devoir, tu n’auras pas une très bonne note !

Mes paroles furent suivies d’un très long silence. Je savais que j’en avais trop dit mais je ne supportais pas ces comportements typiquement humains à l’égard des mutants. Une lourde main s’abattit soudainement sur mon épaule et je me retournais prête à mettre au tapis quiconque tenterait de m’agresser. C’était le proviseur.

-         Dans mon bureau. Immédiatement.

Je le suivis sans faire d’histoires, lançant un dernier regard aux élèves sur le parvis du lycée. Je savais que c’était la deuxième et dernière fois que j’entrerais dans son bureau. Il claqua la porte derrière moi et me fixa de ses yeux noirs.

-         Mademoiselle Carnesîr, je vous avais donné une seconde chance, je ne vous en donnerai pas une autre. Après ce que vous venez de dire, je me dois de vous renvoyer.

-         Mais pourquoi ? Vous n’avez jamais eu de problèmes avec moi à propos de mes cours ! Ce jeune homme m’a énervée, j’ai juste voulu le remettre à sa place ! Je. . .

-         Vous savez bien que ce n’est pas à cause de ça que je vous vire. Vous êtes une mutante et nous ne pouvons pas accepter ça  ici.

Je restai bouche bée, tandis qu’il frottait ses lunettes d’un air las. C’était vraiment injuste ! Me virer parce que je suis une mutante !

-         Je sais ce que vous pensez mademoiselle, seulement, je n’ai pas le choix. Je vous aime bien, vous savez, je n’ai rien contre les mutants, mais aucun parent d’élève n’acceptera que son enfant soit instruit par un mutant. Je suis sincèrement désolé.

Je sortis sans bruit, sans dire un mot, sans claquer la porte. Sans rien. Je n’allai pas récupérer mes affaires en salle des profs. Je n’allai dire au revoir aux autres professeurs. Je me retrouvai dans la cour au soleil, sentant un léger zéphyr sur ma peau. Ma vie d’ici était terminée. Fini les cours de français au lycée. Sans comprendre comment, j’atterris sur le trottoir. Je fermai les yeux. Fini de se cacher. Fini la prof de français aux talons hauts. Je rentrai directement chez moi sans faire attention aux déploiements croissants d’animosité de la part des humains. Je détachai mes cheveux, les laissant flotter au vent. La liberté.

Ma vie allait prendre un nouveau départ.

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26 mai 2005

La mutante dont on ne se souvient pas. . . => Chapitre 9

Chapitre 9 : Visite surprise et changements en vue

Pour commencer, je déménageai du trou à rats que j’habitais. Erik m’avait proposé de venir vivre à la Confrérie, mais je refusai poliment son invitation. Je ne voulais pas m’imposer chez eux et, de plus, je ne me sentais pas prête à vivre dans une communauté de mutants. Erik le comprit sans problème et m’envoya même le Blob, un mutant extrêmement fort, afin de m’aider à déménager mes meubles. Mon salaire de professeur ne m’avait pas enrichi, mais n’étant pas extraordinairement dépensière, je pus louer une petite maison au bord de la ville non loin de la forêt de Bayville. John et moi étions si heureux d’être ensemble que je lui proposais de vivre avec moi. Il accepta, non sans hésitation.

-         Tu comprends, si Magnéto, je veux dire Erik, m’appelle, c’est que je dois absolument le rejoindre. Tu ne m’en voudras pas si je dois partir au milieu de la nuit ?

Je lui assurai que non et l’embrassai. J’étais enfin heureuse, même en tant que mutante.

Un jour, alors que John était parti en cours, on vint frapper à ma porte. J’allai ouvrir, curieuse, n’attendant personne en particulier.

-         Salut petite.

Logan ! C’était Logan ! Je lui sautais au cou, heureuse de le voir en bonne santé. Pourtant, je ne l’avais pas revu depuis ma seule visite à l’Institut, mais je correspondais avec lui par lettre, pour prendre de ses nouvelles et de celles de mes élèves mutants que je ne voyais plus. Il avait bel et bien recouvré toutes ses forces et il était resté celui qu’il était : un homme magnifiquement poilu !

-         Comment vas-tu ? Qu’est-ce que tu fais là ? Tu veux boire quelque chose ?

Il sourit en m’entendant débiter mes questions à toute vitesse.

-         Je dois répondre à toutes les questions d’un coup ou seulement une à la fois ?

Nous éclatâmes de rire tous les deux. Je lui offris une bière et en pris une pour moi.

-         Je vais bien, si tu tiens à le savoir et si je suis là c’est pour toi.

Il marqua une légère pause pendant laquelle il but une gorgée de sa bière.

-         Il paraît que tu fréquentes certains membres de la Confrérie et libre à toi de le faire autant que tu veux. Mais ce ne sont pas des enfants de chœur et je tenais à ce que tu le saches. Ils ont des idées très arrêtés sur les humains et notre soi-disant « supériorité » par rapport à eux. Magnéto pense que les exterminer serait ce qu’il y’a de mieux pour eux et pour nous. Depuis que des scientifiques humains ont qualifié les mutants d’ « homo superior », Magnéto tente de les détruire et tous les moyens lui sont bons. De plus, mettre des bâtons dans les roues de Charles (au sens figuré bien sûr) et de l’Institut est un de ses passes-temps préférés.

Il prit mes mains dans les siennes. J’étais très troublée par ses révélations, que je n’avais absolument pas imaginées. Erik était pourtant si gentil avec moi ! Je me doutais qu’il ne portait pas les humains dans son cœur mais de là à vouloir les exterminer ! Logan reprit la parole :

-         Tu m’as sauvé la vie et cela, je ne l’oublierais jamais. Je ne veux pas que tu entres à la Confrérie, je ne veux pas que tu deviennes un de mes ennemis. C’est pour cela que je suis venu ici aujourd’hui. Je voudrais que tu viennes à l’Institut pour apprendre à contrôler tes pouvoirs à bon escient. Qu’est-ce que tu en penses ?

-         Cela pourrait être enrichissant, en effet, répondis-je après un moment, mais. . . est-ce que je devrais habiter à l’Institut ? Je vis ici avec John, maintenant.

-         Oui, je sais cela. Si certains de nos élèves habitent à l’Institut, c’est parce qu’ils viennent d’horizons différents et n’ont pas de pied-à-terre à Bayville. Au contraire de toi. Tu pourras rentrer tous les soirs chez toi, ce serait comme si tu venais en cours.

Je réfléchissais un moment. Ce serait l’occasion idéale et je pourrais me trouver un travail pour le week-end. J’acceptai avec enthousiasme et Logan me donna rendez-vous le lendemain à neuf heures à l’Institut. Il repartit sur sa moto en trombe, tandis que je le regardais par la fenêtre. Je me mis à découper dans les journaux les annonces de boulots en attendant que John arrive. Je voulais lui parler de tout ce que Logan m’avait raconté.

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La mutante dont on ne se souvient pas. . . => Chapitre 10

Chapitre 10 : Première journée à l’Institut.

Notre entrevue ne se déroula pas exactement comme prévu. John ne voulut rien entendre de ce que je lui disais assurant que tout ce que Logan m’avait raconté était des balivernes. Alors que j’insistais sur le fait de savoir la vérité, il se mit à hurler :

-         Les humains ne nous accepteront jamais ! Il faut que tu retiennes ça ou ta vie est foutue ! Xavier n’est qu’un utopiste !

-         Peut-être mais moi en attendant, je ne tiens pas à passer ma vie dans la haine des autres !

Il me foudroya de ses yeux furibonds et, en partant, claqua la porte si fort qu’il en fit trembler les murs. Il ne revint pas de la nuit et je ne le vis pas avant de partir pour l’Institut.

J’arrivai à l'école du professeur Xavier à neuf heures très précises : Logan m’attendait sur le perron du bâtiment. Je me garai à côté d’une voiture que je reconnus comme celle de Scott.

-         Pile à l’heure, bravo, tu m’épates ! me dit Logan en levant le pouce

-         Et encore, tu ne connais pas mes talents cachés ! m’exclamai-je à mon tour.

Il me fit entrer dans la résidence et commença à me faire visiter. L’Institut était vide car les élèves étaient tous partis en cours. Nous croisâmes Scott et la jeune femme aux cheveux blancs. Logan me les présenta officiellement :

-         Voici Scott Summers et Ororo Munroe que tu connais déjà. Ils apprennent aux élèves à se servir de leurs pouvoirs. Moi aussi d’ailleurs. Enfin en quelque sorte.

Je ne relevai pas le « enfin en quelque sorte », me doutant que j’allais bientôt savoir à quoi il correspondait. Puis, nous continuâmes et Logan me fit visiter toutes les pièces. Le bâtiment était immense ! A droite, des dortoirs, à gauche, des salles de travail et de repos. Sans compter les dizaines de passages secrets ! Comment les élèves pouvaient-ils bien se retrouver dans tous ces couloirs ? Dans la bibliothèque, nous croisâmes deux personnes, une jeune femme à la peau semblant dure comme le diamant, nommée Emma Frost, et un homme à la fourrure bleue ressemblant à un lutin avec une queue, appelé Kurt Wagner. Nous arrivâmes finalement dans le laboratoire où le professeur Xavier était en grande conversation avec une bête énorme et poilue que l’on me présenta comme l’éminent scientifique Henry « Hank » McCoy.

-         Je te laisse là, Idril, Charles et Hank vont s’occuper de toi. Ne t’en fais pas, tout se passera bien.

Et il partit, me laissant seule avec les deux professeurs. Mr McCoy me fit m’allonger sur une table d’examen médical et me brancha des électrodes sur le crâne. Le professeur Xavier s’avança près de moi.

-         Nous allons faire un examen de tes ondes cérébrales afin de déterminer leur quantités en ondes alpha et oméga. Je dois m’assurer que ton cerveau sera prêt pour les entraînements.

Ce qu’il me dit ne me rassura pas du tout ! Mais ils avaient l’air de savoir ce qu’ils faisaient alors j’attendis que cela soit terminé. Une fois cet examen passé, le professeur McCoy me fit passer un check-up complet et m’annonça que j’avais un corps en pleine forme. Je me rhabillai, puis le professeur Xavier me fit passer dans une autre salle, protégée par divers systèmes de sécurité, une salle démesurée et ronde comme une balle avec une simple passerelle qui reliait l’immense ordinateur central au reste de la pièce.

-         Je te présente Cérébro, me dit le professeur en me montrant l’ordinateur. Nous allons pouvoir travailler dans cette salle car sa forme sphérique captera tous les ondes produites par nos cerveaux et n’en sortira pas d’ici. Ainsi, nous ne blesserons personne. Donc, comme je te l’ai déjà dit, ton pouvoir mutant est axé sur la mémoire et les souvenirs, et pour nos premières séances, nous travaillerons sur ta mémoire. Mais je voudrais savoir si tu acceptes que j’entre dans tes souvenirs. Tu as le droit de refuser et nous nous arrêterons là. Tu es d’accord ?

-         Oui, allez-y, professeur.

Je fermai les yeux et il posa ses mains sur ma tête. Les images défilèrent. Mon père et ma mère souriant, les musiciens de leur groupe, les tournées, le public en délire, moi pleurant recroquevillée dans un coin, les chargements de camion, Maxime, Orion, un de mes nombreux chats, les colombes de l’oncle René, un des guitaristes du groupe, le Loch Ness en Ecosse, la forêt de Brocéliande en Bretagne et les champs du Schleswig-Holstein. J’ouvris les yeux brusquement.

-         Quelque chose ne va pas, Idril ? me demanda le professeur, inquiet.

-         Non, non tout va bien. Excusez-moi, on reprend.

Nous recommençâmes et d’autres images se mirent à défiler dans ma tête. Nos vacances entre deux tournées, René et moi en train de chanter devant un feu de camp, son fils Swann nous accompagnant à la guitare, le baiser que Swann me donna un soir de pleine lune près du Loch Ness, ma mère et moi en train de faire la cuisine, mon père nous arrosant au lieu de laver les véhicules, moi courant dans la forêt, ma première séance au ciné en amoureux avec Maxime, les chatons d’Orion et de Cassiopée mes deux chats préférés, Sirius, le chien de Swann, nous deux enfants, nous baignant dans un lac sauvage d’Allemagne, mon départ pour les Etats-Unis avec mes parents, mon arrivée à Bayville, le baiser de John. . .

-         STOP ! criai-je. On arrête là ! S’il vous plaît !

-         Oui bien sûr, si tu veux, me dit calmement le professeur. Peux-tu me dire pourquoi ?

-         Je veux bien vous confier mes souvenirs du passé, mais pas ceux de ma vie actuelle. Ma relation avec John ne vous regarde pas.

-         Très bien, je comprends. Merci de bien avoir voulu te prêter à l’expérience. Reviendras-tu demain ?

-         Oui, si vous le souhaitez.

-         Tu peux rejoindre Logan. A demain.

-         A demain, professeur.

Je sortis de la salle et mis quelque temps à retrouver le hall de l’Institut. Logan était là en tenue de sport.

-         J’espère que tu es prête à courir un peu ? Faut savoir entretenir sa forme !

-         Tu plaisantes ? Je n’ai rien pour courir ! Et d’ailleurs, je te rappelle. . .

Je lui montrai mes chaussures.

-         . . . Que je suis en talons ! Tu veux me faire courir comme ça ?

-         Non, évidemment ! Mais j’avais prévu le coup !

Il me montra un jogging et des baskets.

-         Allez, enfile ça et on y va !

Je ne pouvais vraiment pas y échapper ! Je sautai dans les affaires qu’il m’apportait et courut toute la fin de la matinée. Nous revînmes le midi pour manger quelque peu et je pus apercevoir quelques élèves. Certains me saluèrent de la tête, d’autres ne me virent pas. Je passai le reste de la journée à faire du sport avec Logan. Il se décida à me lâcher enfin quand je fus incapable de faire un pas de plus. Je pris une douche à l’Institut et repris mes affaires avant de souhaiter bonne soirée à Logan. Quand je revins à la maison, il n’y avait personne. Ou presque. Wanda m’attendait, assise sur le canapé.

-         Salut, Idril. Faut qu’on se parle.

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La mutante dont on ne se souvient pas. . . => Chapitre 11

Chapitre 11 : Retour à la normale

Je fermai la porte brusquement.

-         Comment as-tu fait pour rentrer ?

-         Ne pose pas de questions et je ne te mentirai pas. Et ne sois pas si agressive, je viens pour te parler de John.

A ces mots, je me raidis. John. Je ne savais pas si j’avais vraiment envie d’entendre parler de lui. Mais Wanda continua.

-         Il est très malheureux, tu sais. Il m’a raconté que vous vous étiez disputé à cause de la Confrérie. Je dois t’avouer que Pietro avait parié sur le fait que vous ne tiendriez jamais longtemps ensemble à cause de ça. Mais vous pouvez ne pas être du même camp et vous aimer quand même. Il a dormi à la Confrérie cette nuit et m’a dit qu’il reviendrait ce soir, après ces cours. Je t’en prie, donne-lui une deuxième chance. Il a peur que tu ne veuilles plus le voir à cause de ses opinions. Nous ne sommes pas parfaits à la Confrérie, mais il faut avouer que les humains ne nous rendent pas la tâche facile. Tu veux bien faire ça ? Fais-le pour son moral, s’il te plaît.

Je regardai Wanda bizarrement. Je ne pensais pas du tout que ça aurait été à elle qu’il se serait confié. J’acquiesçai légèrement de la tête.

-         D’accord. Tu sais, Wanda, je l’aime toujours. Mais si un jour, on se retrouve face à face ? Et même avec toi et les autres ? Si pour une raison quelconque, je me trouve sur le chemin de la Confrérie ? Qu’est-ce qui se passera ?

-         Il ne vaut mieux pas poser ce genre de questions.

Elle se leva et partit sans dire un mot de plus. J’allai m’allonger sur le lit, songeant à ce qu’elle m’avait dit et à ce qui allait bien pouvoir se passer quand John rentrerait. Allait-on encore crier ? Les larmes me montèrent aux yeux : je ne voulais pas que cela se passe ainsi. Ce serait si bête de tout gâcher par une dispute. Peut-être arriverai-je à le faire changer d’avis à propos des humains, qu’ils ne nous détestent pas tous et qu’il y’a toujours de l’espoir. J’étais crevée de fatigue et je m’endormis. Quand je me réveillai, il faisait nuit noire et John était allongé à mes côtés.

-         Tu es vraiment très belle quand tu dors, tu sais.

Il avait pleuré. Cela se voyait, ses larmes étaient inscrites dans sa peau, dans son discours. Je l’embrassai.

-         Reste qui tu es, lui dis-je, tu es celui que j’aime même si on n’est pas toujours d’accord. Tu m’as manqué.

-         Toi aussi, tu m’as manqué. Alors, qu’as-tu fait aujourd’hui ?

Je lui racontai ma journée à l’Institut et il m’écouta parler réellement intéressé. Il sourit en m’entendant grogner sur les cinquante pompes et abdos que Logan m’avait obligée à faire. Je ne lui mentionnai pas la visite de Wanda et finis par m’endormir dans ses bras. Je le sentis à peine m’enlever mes chaussures, me déposer correctement dans le lit et se glisser à côté de moi. Cette nuit, notre chambre fut éclairée par la lumière de la pleine lune qui se déposait sur nos visages. Cette nuit, je rêvai de ma famille et de mon passé.

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La mutante dont on ne se souvient pas. . . => Chapitre 12

Chapitre 12 : Des révélations surprenantes.

Mes journées étaient rythmées par les entraînements à l’Institut et mes quelques sorties en ville le soir avec les membres de la Confrérie. Je gagnai en agilité, souplesse et force physique. Tous mes entretiens avec le professeur Xavier me révélaient de nouveaux souvenirs, de plus en plus anciens. Mais, un jour alors que je m’entraînais avec lui, des images sombres m’apparurent : des cris, la foudre un soir d’orage, mon père battant ma mère, un couteau dont la lame luisait à la lueur de la lune, mon père me jetant contre un des montants de la table, ma blessure au bras, du sang, ma mère en pleurs, René se battant avec mon père, des bouteilles d’alcool vides, le sang coulant de mon front, le sang coulant du visage de ma mère. Je hurlai.

-         Mon dieu, mais qu’est-ce que c’est que ça ? Ce ne sont pas mes souvenirs, c’est impossible !

-         Calme-toi, Idril, je crois savoir ce que c’est. En fait, ton pouvoir mutant s’est développé depuis ton plus jeune âge et il t’avait fait occulter certaines parties de ton passé que tu voulais oublier. Nous ne faisons que les remettre à jour.

-         J’avais complètement oublié tout ça. . . Comment est-ce possible ?

-         C’est ton inconscient qui a fait cela grâce à ton pouvoir. Mais tu n’as plus rien à craindre, maintenant. Tu sais à quoi t’attendre.

Et si la plupart de mes souvenirs étaient faux ? Si rien de ma jeunesse n’avait réellement existé ? Peut-être me suis-je créé un passé entier ? Swann, René, mes parents, Maxime. . . Et John ? Cela aussi serait une illusion ? Un faux souvenir ? Non, Wanda ne serait pas venue sinon. . . Et si Wanda n’était pas réellement venue ? Tout s’embrouillait dans ma tête. Je suis peut-être même en ce moment dans un hôpital psychiatrique et je me créé une nouvelle vie ? ? Soudain, la voix rassurante du professeur s’immisça dans mon crâne.

-         << Calme-toi, tout ira bien, tu n’es pas folle. Il est souvent difficile de comprendre la mutation, mais tu apprendras à la contrôler. N’aie pas peur et fais-moi confiance. >>

-         << Bien, professeur. >>

-         << Nous en avons terminé pour aujourd’hui. Logan n’est pas là, donc tu n’auras pas d’entraînements. Cependant, si tu veux aller rendre visite à certains de tes anciens élèves, rien ne t’empêche de le faire. Ils ne sont pas allés en cours aujourd’hui, les manifestations anti-mutantes étaient trop violentes. >>

-         << Merci, professeur et au revoir, à demain. >>

Je mis fin à ce dialogue intérieur et me rendis dans le hall où je trouvais Bobby et un jeune homme en skate en pleine discussion.

-         Je t’assure que je serais plus rapide en glissant sur la glace que toi sur ton skate, Evan !

-         Rien ne vaut les roues Bobby, je t’assure ! Personne ne peut me battre à une course de glisse !

-         Très bien, nous verrons cela ce soir, rendez-vous sur la parcours extérieur ! On verra qui sera le plus rapide !

-         OK, c’est ce qu’on verra !

Ils se serrèrent la main pour valider leur duel et me firent penser que Pietro serait plus rapide qu’eux deux réunis. Bien sûr, je gardais mes réflexions pour moi, je ne pense qu’on les aurait appréciées à l’Institut. Je souris en voyant Bobby s’avancer vers moi.

-         Mademoiselle Carnesîr ! Que faites-vous ici ?

-         Cela fait quelques semaines que je viens m’entraîner ici, Bobby. Mais toujours pendant vos horaires de cours. Au fait, tu peux m’appeler Idril, tu sais !

-         D’accord Idril ! Mais pourquoi tu ne nous as jamais dit ?

-         Je suis très occupée, tu sais et je me suis trouvé un travail dans un bar le week-end. Je n’ai plus beaucoup de temps pour moi.

-         Tu traînes toujours avec les membres de la Confrérie ?

Cette question jeta un froid entre nous.

-         Oui en effet. Mais pas avec tous, si tu tiens à vraiment à tout savoir. Je passe la plupart de mes soirées avec John, Wanda, Pietro, Remy, Lance et Tabitha. Ils sont sympathiques avec moi, nous allons boire un verre ou au cinéma et je discute énormément avec Tabitha et Wanda, nous allons souvent faire du shopping.

-         Ce n’est pas du tout leur style. Elles profitent de toi pour en apprendre un maximum sur l’Institut.

-         N’importe quoi ! Elles ne m’ont absolument pas posé de questions là-dessus !

-         Ou alors, ils cherchent tous à t’enrôler à la Confrérie.

-         Nous n’avons pas les mêmes idées et ils le savent très bien. Bobby, que cherches-tu à faire ?

-         Juste te protéger, c’est tout.

Il s’en alla, sans se retourner. Depuis le temps que je ne l’avais pas vu, j’avais réussi à me disputer avec alors que c’était un de mes élèves préférés. Je repris ma voiture après avoir salué quelques anciens autres élèves. J’arrivai à la maison et je vis Lance, Pietro, Remy et John en pleine discussion, légèrement cachés derrière le garage. Lorsqu’ils me virent rentrer, Pietro, Remy et John sautèrent dans la voiture de Lance et partirent en trombe.

-         Eh bien, où vont-ils ? demandai-je, surprise, à Lance. Erik a besoin d’eux ?

-         Non, ils vont revenir tout de suite.

Je tournai le dos à Lance pour aller prendre un livre en les attendant quand soudain, il m’attrapa les bras et me bâillonna avec sa main.

-         Chut, ne dis rien !

Je ne savais que faire ! Que se passait-il ? Il me poussa dans la chambre et me jeta sur le lit. Je le fixai du regard et je ne sais combien de temps nous sommes restés à nous regarder ainsi. Puis, j’entendis le bruit d’une voiture en pensant que c’était John qui revenait. Mais Lance dit :

-         Ah, les voilà enfin.

J’entendis du remue-ménage dans la maison et quand je voulus m’approcher de la porte, Lance créa une légère secousse qui me fit tomber par terre.

-         Reste ici, sinon. . .

Puis plus rien. Plus un bruit dans la maison. Lance se jeta soudainement sur moi et me força à entrer dans le salon. Je n’en crus pas mes yeux. Ils étaient tous là ! Tous les membres de la Confrérie ! Qu’allaient-ils me faire ?

- Joyeux anniversaire, Idril ! crièrent-ils tous en même temps. 

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28 mai 2005

La mutante dont on ne se souvient pas. . . => Chapitre 13

Chapitre 13 : Bon anniversaire

Je n’en revenais pas : non seulement moi j’avais oublié mon propre anniversaire mais eux y avaient pensé et ils m’en avait fait une surprise ! Tous les événements de la journée m’avaient troublé et je n’avais plus pensé à ça. Et pendant cette journée, ils étaient tous au courant ! John traversa la pièce :

-         Joyeux anniversaire ma chérie.

Il m’embrassa tandis que tous les autres applaudissaient. Je rougis légèrement et découvris la décoration qu’ils avaient mis en place rapidement : les banderoles se chevauchaient aux ballons et des petites boules lancées par Tabitha explosaient doucement dans la pièce. Je remarquai qu’Erik n’était pas là, mais il avait sans doute mieux à faire. Les verres se remplirent, la musique s’alluma au son d’Evanescence, des lumières scintillaient dans la pièce. Le gâteau arriva, les bougies avaient été allumées par John. Je les soufflai et je distribuai les parts. J’étais en pleine discussion avec Pietro et Tabitha quand John réclama le silence et m’apporta un petit paquet enrubanné. J’ouvris le paquet qui était bien enroulé dans le papier. Des clés. Au début, je ne compris pas leur signification. Et le petit mot qui était avec m’éclaira encore moins. « Nous n’avions pas assez de papier pour tout envelopper. Le reste est dehors. » John me mit les mains sur les yeux et nous allâmes tous dehors. Lorsqu’il enleva ses mains, je n’en crus pas mes yeux.

-         Non. . . C’est impossible. Comment avez-vous fait ?

-         Quand on aime, on ne compte pas, me dit John m’entourant amoureusement de ses bras.

Une moto. Ils m’avaient acheté une moto. J’en rêvais depuis toujours !

-         Maintenant, t’as intérêt à être prudente sur les routes, me dit Lance. Sinon John va nous en vouloir à tous d’avoir trouvé ça comme cadeau !

Nous éclatâmes tous de rire et la plupart rentrèrent dans la maison pour se resservir à boire. Je restai près de la moto avec John, Pietro et Wanda. Ils souriaient en me voyant encore béate devant mon cadeau. Wanda prit la parole :

-         Va bien falloir que tu l’étrennes ! Tiens, enfile ça et fonce un peu pour voir ! Je suis sûre que Pietro ne pourrait pas te rattraper !

Elle me donna un blouson de cuir et un casque tandis que Pietro lui faisait une grimace. J’enfilai le blouson et le casque et enfourchai la moto. Je mis et le contact et sentis la moto vrombir contre mes cuisses. J’enclenchai la première vitesse et c’était parti ! 10, 20, 30 km/h ! Je roulai un moment et sortis de la ville. 70, 80, 90 km/h ! Je décidai de la pousser pour voir ce qu’elle avait dans le ventre. J’atteignis rapidement les 130 km/h. Je sentais le vent opposer une légère résistance contre mon corps, alors je baissai pour gagner encore plus de vitesse. Cette virée était géniale, mais il allait être temps de rentrer à la maison. Je ralentis, fis demi-tour et rentrai tranquillement chez moi. Quand j’arrivai, tous étaient dehors à m’attendre. Je soulevai un peu de poussière en arrivant dans la cour et descendis de ma moto avec panache. J’allais à tous leur faire la bise pour les remercier de ce fameux cadeau qu’ils m’avaient fait. Nous finîmes les quelques bouteilles qui restaient et Todd eut l’idée de terminer notre soirée au bar de nuit-discothèque « Le Zéro Janvier ». Tout le monde monta dans son véhicule, je pris John sur ma nouvelle moto et nous filâmes vers le centre-ville, la nuit commençant à tomber. Nous n’eûmes pas de problèmes à convaincre le videur de nous laisser rentrer, la forte carrure de Freddy (le Blob) aidant. La soirée se déroula presque sans accroc. Un jeune homme bourré mais à l’air plein aux as nous remarqua à notre arrivée et entreprit de nous draguer, Tabitha, Wanda et moi en même temps. Il avait de l’espoir ! Je compris juste qu’il s’appelait  Joshua avant que le Blob vint lui faire comprendre que nous n’étions pas à prendre. Je passai le reste de la soirée dans les  bras de John à écouter les plaisanteries de Lance. Todd passa toute la soirée à tourner autour de Wanda en vain. Pietro et Tabitha s’amusaient à faire des blagues aux autres clients quand le jeune homme que nous avions rabroué, Joshua, revint avec une bande de costauds.

-         J’aime pas qu’on me résiste, les minettes ! dit-il complètement bourré. Alors vous allez venir avec moi, maintenant !

-         Et puis quoi encore ? se rebella Wanda. On ne t’appartient pas ! Espèce d’humain dégénéré !

L’insulte eut un effet très fort sur le jeune homme qui comprit immédiatement que nous étions des mutants. Il eut un regard plein de haine pour nous, mais nous ne lui laissâmes pas le temps de faire quoi que ce soit. Lance déclencha une légère secousse sismique qui déséquilibra les costauds et permit à Pietro de les faire tomber. Tabitha leur fourra des boules explosives dans leurs vêtements. Freddy ramena Joshua devant moi pour l’obliger à me demander pardon. Mais j’avais envie d’autre chose. Moi aussi, je voulais utiliser mes pouvoirs. Je posai une main sur le visage de Joshua et fermai les yeux. J’arrivai dans un monde de luxe, de piscines dans les nombreuses résidences secondaires, de filles en maillot de bain, d’argent et de champagne coulant à flots. Cet humain vivait dans le luxe et ne s’intéressait qu’à sa petite personne. Je me concentrai et trouvai un recoin plus sombre de ses souvenirs. Des réunions anti-mutants. Ce salaud élaborait des attaques contre les mutants qui vivaient en ville. C’est ce qu’on allait voir. J’effaçai ses souvenirs de haine à notre encontre ; grâce à mes entraînements ce fut plus facile que pour le cas de Logan. J’effaçai les événements qui s’étaient déroulés ce soir. Je lui laissai seulement ses souvenirs d’opulence et de richesse : il ne serait pas pro-mutant mais au moins, il ne nous détesterait plus. Je retirai ma main de son visage et rouvris les yeux. Il ne comprenait pas ce qui se passait et je fis signe à Freddy de le relâcher. Ses « amis » étaient repartis sans demander leur reste.

-         Que. . . Que s’est-il passé ? me demanda-t-il.

-         Rien de grave. Vous avez trébuché et vous êtes tombé contre le coin de la table. Mais vous n’avez rien, même pas un bleu.

Il nous remercia de l’avoir aidé et nous paya un verre à tous. Il passa la fin de la nuit avec nous tous et nous les quittâmes à l’aube pour rentrer dormir. Je ramenai John sur ma moto à moitié endormi. Nous allâmes vite nous coucher et avant de s’endormir, il m’embrassa.

-         Joyeux anniversaire, Idril.

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05 juin 2005

*Entre elle et lui!*

Entre elle et lui!...

*~Prologue~*

Il pleuvait depuis bientôt une heure et elle était trempée jusqu'aux os!!Éloïse regardait à gauche dans l'espoir de voir ce fouttut bus!Seulement une heure trente avant, elle avait vécue la dispute qu'elle voulais éviter depuis le début!

[Flash Back]

[ -Je pense que notre relation n'est plus très bonne tu sais!?dit Pietro en regardant le route.

Éloïse se retourna brusquement avec les sourcils froncés!

-Mais au contraire!Sa va très bien...Nous avons fait une foule d'activitées ensemble!dit elle refusant de croire à ce qu'il venait de dire.

Le jeune homme secoua la tête et soupira avec un air désoler!

-Je sais que c'est dur à avaler mais...

Il ne finit pas sa phrase et freina brusquement.Il se retourna vers Éloïse,la regarda d'un regard dur.

-Sort de la voiture!lui ordonna-t-il d'un ton sec...

-Mais voyons qu'est-ce qui te..

-J'ai dit sort de la voiture!!avait-il crier en l'interrompant!

Éloïse ne savait que faire!Q'est-ce qui lui prenait à la fin?Tout allait bien avant qu'il ne lui lance cet ordre qu'elle ne voulait pas faire.Une main serrée sur son bras la fit revenir sur terre et en quelques secondes à peine elle se retrouva dehors, seule, près d'un arrêt de bus!Elle  ne savait pas se qui allait se passer après cet événement mais elle avait de moins en moins le goût de le savoir...Puis,à son grand d'ésespoir,il se mit à pleuvoir!]

En repensant à cette histoire, Éloïse eu un nouveau sanglot!Pourquoi avait-il fait sa??Tout allait si bien.Ses pensées était assaillit par des millions de questions et elle ne savait que répondre à aucune d'elles!

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16 juin 2005

Reprendre confiance, chapitre 3

Chap. 3 : échecs sur échecs

Katie réprima une grimace de douleur et repoussa le mannequin qui lui faisait face. Elle avait peut-être exagéré sur le niveau, cette fois …  Elle avait de plus en plus de mal a empêcher son adversaire de la toucher, et les coups qu’elle recevait lui laissaient les bras meurtris.

Mais elle voulait pouvoir prouver à Logan qu’elle n’avait pas chômé en son absence. Quitte à récolter des bleus sur tout le corps, elle tenait absolument à s’entraîner, un peu plus durement chaque jour. Elle venait en salle des Dangers après ses cours et elle s’épuisait jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus tenir son bâton. Elle appréciait ces moments où elle repoussait ses limites, où elle sentait ses muscles la tirailler … Et surtout, quel plaisir de se coucher ensuite sur son lit, sans bouger, en laissant tout son corps se détendre …

Katie poussa un cri quand le bâton du mannequin s’abattit sur son épaule. Elle lâcha son arme et tomba à genoux devant lui. Elle était trop fatiguée … Elle le bouscula de toutes ses forces pour ne pas se faire toucher une nouvelle fois et s’éloigna de lui en ramassant son bâton.

Elle vit alors avec surprise le mannequin s’affaisser par terre elle les lumières se rallumer dans la salle. Elle leva les yeux et vit le professeur, dans la petite salle vitrée qui commandait les simulations. Il la regardait avec un air désapprobateur, mais un fin sourire flottait sur ses lèvres.

« Tu vas finir par te tuer à t’épuiser comme ça ! » Entendit-elle dans sa tête. Elle lui répondit de la même manière :  « Je n’en ai pas l’intention … Je veux juste pouvoir mettre Logan au tapis quand il reviendra ! » Charles sourit à sa remarque. « Tu as de l’ambition ! Allez, va donc te changer, tu as eu ton comptes de bleus pour la journée ! »

Katie hocha la tête et sortit de la salle. Elle comptait s’arrêter, de toute façon …

Un peu plus tard, elle croisa Lucas dans les couloirs de l’Institut. Le jeune homme semblait morose.

-                       Lucas, ça ne va pas ?

-                       Si, très bien … Je me demandais si tu voudrais bien qu’on refasse un duo, comme celui d’hier … J’ai beaucoup apprécié, alors je me disais … Peut-être que toi aussi ?

-                       Pourquoi pas ? demanda Katie. Tu veux qu’on y aille maintenant ?

-                       Si tu n’as pas cours, je voudrais bien …

-                       C’est bon, mais je dois partir voir Luna dans une heure. Ah, et cette fois tu me laisses essayer la musique, pendant que toi tu chantes ! fit-elle d’un air taquin.

Elle ne voulait pas que Lucas soit le seul à pouvoir composer de magnifiques chansons !

Cello haussa les épaules.

-                       Ca m’est égal … Mais tu me laisses un peu de mes pouvoirs, parce que je ne sais pas faire grand chose sans !

-                       C’est moins drôle comme ça, mais bon, si tu veux …

Arrivés dans la salle de musique que Cello affectionnait tant, Katie prit un malin plaisir à prendre la presque totalité des pouvoirs du garçon.

Elle se concentra ensuite dessus. Elle les avait déjà eu, mais à chaque fois elle se faisait surprendre : il était si facile de créer un son, et en même temps si compliqué d’en assembler plusieurs !

-                       Tu va chanter quoi ? demanda-t-elle.

-                       Je ne sais pas … Je croyais que c’était toi qui déciderais !

-                       Pas question ! répliqua Katie. J’ai choisi ma chanson quand j’ai chanté, alors à toi maintenant !

Lucas leva les mains devant lui en riant.

-                       Très bien, très bien ! Ne t’énerve pas ! Laisse-moi réfléchir … Tu connais le film de la comédie musicale Moulin Rouge ?

-                       Evidemment ! Mais pour la musique … Je connais surtout « Your song » …

-                       C’est exactement celle-là que je voulais faire ! Ca ira ?

-                       Bien sûr ! Pour qui tu me prends ? rigola Katie en l’imitant. Et toi, est-ce que tu sauras faire aussi bien qu’Ewan McGregor ?

-                       Ne sous-estime pas mes pouvoirs, Katie ! Je pourrais même te reproduire sa voix, tu n’y verrais que du feu …

Katie soupira. Elle adorait Ewan McGregor … Lucas pourrait-il lui donner l’illusion qu’elle se tenait devant lui ? Elle en doutait sérieusement !

-                       Essaie donc ! Je jugerais bien … Mais ne le massacre pas, sinon tu vas avoir de mes nouvelles !

Lucas éclate de rire et commença à chanter. Katie oublia de l’accompagner à la musique, tellement l’impression était parfaite. Il avait exactement la voix de l’acteur ! L’intonation absolument identique à celle d’Ewan donnèrent des frissons à Katie. Elle resta à l’écouter, bouche bée. Elle avait du mal à croire qu’elle se tenait devant Cello, et non devant une star hollywoodienne. Pourtant, le jeune homme au sourire moqueur qui lui disait que cette chanson était la sienne et qu’elle pourrait le dire à tout le monde … Ce jeune homme n’était que Lucas ! Que Lucas …

Katie rougit en se rendant compte qu’elle regrettait qu’il ne soit « que Lucas ». Elle l’appréciait comme il était, il n’avait pas besoin d’être un autre, même si cet autre était un acteur très célèbre et vraiment beau …

Lucas arrêta de chanter, et Katie se leva pour le prendre dans ses bras, exaltée.

-                       C’était merveilleux. Merveilleux ! s’exclama-t-elle. Je te tire mon chapeau, tu es le meilleur chanteur, le meilleur imitateur, le meilleur … Tu as presque réussi à me faire croire que tu étais Ewan McGregor.

Il la regarda avec un sourire radieux.

-                       Venant de toi, c’est le meilleur des compliments qu’on puisse me faire, tu sais ?

-                       Pourquoi, parce que je pourrais essayer de faire comme toi ? Je ne t’arrive même pas à la cheville …

-                       Ce n’est pas vraiment ce que j’avais voulu dire … fit Lucas en plantant son regard dans le sien.

Katie remarqua alors pour la première fois que le jeune homme avait de très beaux yeux, d’un vert intense …

Lucas se pencha vers elle et Katie retint son souffle. Son esprit s’était comme figé, elle n’arrivait pas à penser à ce qu’il était en train de faire. Ses lèvres effleurèrent les siennes …

Cello ferma les yeux et embrassa Katie. Cette dernière se laissa aller à la douceur des lèvres du jeune homme, sans réagir. Mais l’image de Kurt s’imposa à son esprit et elle repoussa Cello, un peu trop doucement à son goût. Elle qui ne supportait pas que Kurt s’approche de trop près d’une personne du sexe opposé, elle était en train de le trahir !

-                       Arrête ! balbutia-t-elle.

Il la regarda d’un air déçu.

-                       Je suis désolé. Je croyais que …

-                       Mais je suis avec Kurt ! Je croyais que tu le savais !

Lucas hocha doucement la tête et Katie se sentit mal. Elle avait trahi Kurt, et maintenant elle perdait Cello !

-                       Je … Je ne me suis peut-être pas très bien conduis avec toi, Lucas. Je suis désolée si tu as pu croire que … Tu es mon ami, mais c’est tout. Je veux juste qu’on soit amis !

Une nouvelle fois, il hocha la tête. Il sourit doucement, mais Katie n’y vit aucune joie. Plutôt de la résignation.

-                       Je ne suis pas de taille contre Kurt ! fit-il d’un ton joyeux. Mais avec ce que tu m’avais dit … Je voulais être sûr. Maintenant je le suis … Et toi aussi. Tu ne m’en veux pas ?

-                       Non, répondit Katie en prenant une grande inspiration. Excuse-moi, Lucas …

Elle sortit précipitamment de la salle, en espérant qu’il ne la suivrait pas. Si elle restait … Elle ne savait pas ce qu’elle pouvait faire. Sa volonté lui semblait quelque peu éméchée …

Elle se rendit dans sa chambre et s’assit sur son lit en tailleur. Elle avait encore le goût de Lucas sur ses lèvres … L’avait-il envoûtée avec sa musique ? En tout cas, elle ne savait plus ce qu’elle voulait. Au fond d’elle-même, bien qu’elle ne veuille pas se l’avouer, elle voulait encore l’embrasser. Mais sa conscience refusait catégoriquement de trahir Kurt. Pourquoi n’était-il pas là ? Elle avait besoin de lui … S’il était là, elle n’aurait pas de choix à faire. Mais en son absence, sa présence lui manquait, et l’étreinte de Lucas avait bien failli remplacer la sienne !

Katie décida de sortir un peu avant d’aller voir Luna. Elle ne tenait pas à y aller dans cet état, encore tourmentée par le baiser de Lucas …

Elle croisa Bobby et Malicia, en pleine discussion. Comme elle les enviait … Ils étaient ensemble, même s’ils ne pouvaient pas se toucher. Pour l’heure, leur situation était plus enviable que la sienne …

Katie préféra partir tout de suite. Même si cela devait le faire arriver plus tôt chez Luna, au moins cela lui changerait les idées. Elle monta donc rapidement dans sa chambre, en évitant soigneusement la salle de musique au passage, et attrapa en vitesse ses quelques affaires.

Elle redescendit ensuite les marches quatre à quatre et tomba nez à nez avec Narcisse, la jeune mutante qu’elle avait en cours.

-                       Narcisse ! s’exclama-t-elle. Tu es sortie de l’infirmerie ? Comment vas-tu ?

-                       Pas trop mal. Grâce à vous. Je voulais vous remercier …

-                       Tu n’as pas à me remercier. Je suis là pour éviter les accidents …

Au fond d’elle, elle ajouta : « Et je n’ai pas su empêcher celui-là », mais son orgueil lui interdit de prononcer cette phrase. Elle était prof, elle ne devait pas se rabaisser devant ses élèves. Du moins, c’est ce que lui soufflait sa fierté.

Un peu gênée, elle quitta rapidement la jeune fille. Elle était contente de la voir rétablie mais cela lui rappelait son échec au dernier cours … Elle ne devait plus faire d’erreur comme celle-ci !

Cela lui fit soudain penser à sa mission. Aujourd’hui, en plus de discuter encore avec Luna pour la convaincre, elle devait essayer de découvrir ses pouvoirs. Pas question pourtant de blesser quelqu’un en les testant hasardeusement. Comment devrais-t-elle faire ? Elle avait déjà découvert les pouvoirs de plusieurs élèves, mais dans la Salle des Dangers, et seule. Par chance, à chaque fois, les pouvoirs étaient relativement inoffensifs. Voler, se décomposer en eau ou être télékinésiste, c’était sans danger pour elle, qui contrôlait assez bien ses pouvoirs. Mais pour Luna, serait-ce la même chose ? Elle ne pouvait absolument pas le savoir. Si ses pouvoirs lui permettaient de deviner la mutation chez les humains, ils ne lui indiquaient pas la nature de cette mutation.

Katie respira profondément en arrivant devant le foyer où résidait la jeune fille. Elle devait avoir confiance en elle. C’était la seule chose qui comptait. Confiance, sourires, légèreté … Tout irait bien. Tout se passerait aussi bien que la première fois …

Elle sonna. Un homme en costume gris vint lui ouvrir avec un sourire fatigué.

-                       Bonjour … Miss Kraven je suppose ? Luna m’a parlé de vous. Elle va revenir du lycée d’un moment à l’autre … Je vous en prie, entrez. Je suis Albert Nugges, le directeur de ce foyer. Je prends soin de Luna depuis qu’elle est toute petite, vous savez. Je ne suis pas contre les mutants, moi. Mais certains élèves ne … Enfin, vous savez comment sont les jeunes ! Si peu tolérants …

Katie pénétra dans le hall et suivit le même chemin que la dernière fois. L’homme la fit asseoir dans un fauteuil sans arrêter de parler. Katie eut droit à un long discours sur les mutants et leur intégration dans la société, pour le moins ennuyeux … Si au moins il ne répétait pas presque mot à mot les paroles de Charles Xavier ! Mais il semblait avoir apprécié sa dernière intervention à la télévision ! Et il parlait si lentement … Comme si les phrases avaient du mal à se mettre les une après les autres. Cela ne la dérangea pas au début, mais elle en eu vite assez.

Katie commençait à se demander s’il se tairait à un moment pour la laisser placer une parole, quand elle sentit, avec soulagement, que Luna arrivait. Elle retint un soupir quand elle entra, et que « Appelez-moi Albert » cessa de parler. Elle remarqua par contre que la jeune mutante parut légèrement surprise en la voyant.

-                       Luna ! Comment vas-tu ?

-                       Très bien ! Et toi ?

-                       Pas trop mal … répondit Katie en repensant soudainement à Lucas.

-                       Tu es arrivée tôt, dis donc ! Tu as pu faire la connaissance d’Albert, à ce que je vois … ajouta-t-elle en jetant un regard amusé à l’homme.

-                       En effet, j’ai eu le temps de discuter avec cette jeune femme ! Elle est très agréable !

Katie se demanda avec amusement comment il pouvait la trouver agréable alors qu’elle n’avait pas ouvert la bouche une seule fois. En tout cas, elle espérait que Luna n’allait pas vouloir qu’il reste ici … Elle n’aurait sûrement pas apprécié qu’il fasse des remarques à tout bout de champ.

Heureusement, Luna prit Katie par le bras et l’entraîna dehors. Elle lui jeta un petit coup d’œil malicieux : elle comprenait Katie …

-                       Viens, on va discuter dans le jardin. A tout à l’heure, Albert !

Katie fit un petit signe au directeur et sortit avec soulagement.

-                       Ouf ! Merci de m’avoir sauvée, Luna …

-                       De rien ! Je le connais, il est intarissable … Et surtout avec les étrangers ! Est-ce que tu as pu lui parler ?

-                       Pas vraiment … Mais j’ai pu constater qu’il n’était pas contre les mutants ! Il sait que j’en suis une ?

-                       Oui, je lui ai dit. Ca te dérange pas ?

-                       Non non, je n’ai pas honte de ma condition …

La discussion s’orienta sur l’Institut. Katie ne savait pas si elle devait prendre les pouvoirs de Luna. Elle n’était pas sûre de pouvoir les contrôler, et elle n’aurait pas aimé que le jeune fille s’en rende compte. Pourtant, elle savait qu’elle n’avait logiquement aucune raison de s’en faire, mais la logique n’était pas au rendez-vous, ce jour-là …

Elle décida de lui prendre ses pouvoirs au dernier moment, quand elles se sépareraient, pour pouvoir les tester seule.

Mais quand ce moment arriva, elle ne se sentait toujours pas sûre d’elle. La peur de faire un accident lui nouait le ventre, et le souvenir du visage violet de Narcisse lui revenait toujours en mémoire.

Pourtant, elle se força à absorber légèrement les pouvoirs de la jeune fille. Elle les sentit en elle et elle se concentra au maximum pour les contenir. Rien ne se passa, à son grand soulagement. Elle eut le temps de dire au revoir à Luna et de fixer leur prochaine date de rendez-vous. Cela s’était assez bien passé, pour une deuxième fois … Luna ne savait pas encore si elle devait aller à l’Institut, mais Katie la voyait tentée.

Dans sa voiture, Katie prit de grandes respiration, toujours en contenant son nouveau pouvoir. Elle n’était pas très rassurée, et son cœur battait toujours la chamade. Elle avait légèrement l’impression d’avoir trompé Luna.

Elle roula quelques minutes et s’arrêta au bord de la route, dans un endroit désert, bordé de champs et de buissons, sans habitations alentours. Ici, elle pourrait tester ses pouvoirs sans gêner personne.

Elle s’avança sur un petit chemin de terre battue et ferma les yeux, laissant un peu de liberté à ses pouvoirs, juste assez pour qu’elle puisse voir leur action. Mais rien ne se passa. Cela ne l’inquiéta pas outre mesure, elle avait déjà vu ça. Quand elle avait rencontré Logan et son facteur auto-guérisseur, notamment.

Elle s’entailla légèrement le doigt, mais il ne cicatrisa pas. Elle posa sa main au sol, mais rien ne réagit à son contact. Elle fit plusieurs expériences du même genre, avec un bout de ferraille qu’elle avait trouvé, avec sa voiture, avec les fleurs autour d’elle, et avec un cours d’eau, en vain. Elle commençait légèrement à se décourager. Bien que ses pouvoirs pouvaient agir sur les êtres humains en dehors d’elle, elle ne voyait pas comment les tester sans risquer de faire de blessés.

Quand elle sentit les pouvoirs de Luna la quitter, elle abandonna et retourna à l’Institut. Elle avait le sentiment frustrant d’avoir échoué sur toute la ligne, et elle était furieuse contre elle-même.

Elle claqua la grande porte d’entrée et se dirigea à grands pas vers la bibliothèque, qu’elle savait vide. Elle avait besoin de se vider l’esprit, de penser à autre chose. Par chance, elle ne croisa personne dans les couloirs, elle n’eut donc à expliquer à personne son attitude. Elle aurait envoyé n’importe qui promener, de toute façon.

Elle s’enfonça dans un fauteuil et ouvrit un magazine au hasard. Un journal politique … Comme si elle avait besoin de lire des horreurs sur les mutants ou sur la santé du monde ! Elle voulait juste lire quelque chose d’assez inintéressant et de futile pour la captiver complètement !

Elle refermait le journal en soupirant quand elle sentit son portable vibrer. Elle l’avait complètement oublié, celui-là … Qui donc venait la déranger ? Elle jeta un coup d’œil à l’écran. Kurt. C’était Kurt ! Comment avait-il pu deviner que c’était justement lui la seule personne à qui elle voulait parler ?

Elle décrocha, le cœur soudain plus léger. Cela faisait trop longtemps qu’elle n’avait pas entendu sa voix …

-                       Allô ?

-                       Kurt ! Tu ne peux pas savoir comme je suis contente de t’entendre !

-                       Si, je crois que je peux deviner … Comment ça va ?

-                       Pas très bien … Je viens de foirer une mission, j’ai envoyé une de mes élèves à l’infirmerie … Et tu n’es même pas là !

-                       Comment ça, à l’infirmerie ? Tu as blessé quelqu’un ? demanda Kurt d’une voix inquiète.

-                       Pas vraiment moi, disons que je n’ai pas pu empêcher Elaïne de blesser Narcisse pendant un entraînement … Je suis complètement nulle, comme prof ! Tu ne peux pas savoir comme je m’en veux … se lamenta Katie.

-                       Mais ça c’est arrangé ?

-                       Oui, elle va beaucoup mieux, mais …

-                       Alors arrête d’y penser ! C’était un simple accident … Et ta mission ? Je n’étais pas au courant …

-                       C’est tout nouveau. Je devais aller voir une jeune mutante, lui faire connaître l’Institut et découvrir ses pouvoirs. Je me suis plantée sur toute la ligne ! Je reviens à peine … Je n’ai pas réussi à découvrir quoi que ce soit, et elle refuse toujours de venir.

-                       Ce n’est pas si dramatique ! J’ai cru que tu avais eu quelque chose de plus important que …

-                       Mais c’est important ! S’emporta Katie. Tu ne comprends pas ? Ca veut tout simplement dire que je ne contrôle pas mes pouvoirs ! Jusqu’ici j’ai toujours réussi à découvrir les pouvoirs des nouveaux mutants, et là, rien !

-                       Calme-toi, Katie ! Je ne te fais pas de reproche ! Mais cela veut peut-être simplement dire que cette fois-ci, tu es tombée sur un pouvoir un peu plus complexe que les autres ! Ou alors, tu n’as pas remarqué son effet. Mais je suis sûr que ce n’est pas à cause de toi. Tu es parfaitement maîtresse de tes pouvoirs, tu le sais aussi bien que moi.

-                       Je n’en suis plus aussi sûre … Deux échecs en même pas une semaine …

-                       Oh, je vois ! Tu ne supporte pas d’avoir des failles, c’est ça ? Se moqua Kurt.

-                       Kurt ! S’il te plaît, essaye de rester sérieux une seconde !

-                       Je suis très sérieux. Tout le monde fait des erreurs, et tu es en train de te rendre compte que tu n’échappe pas à la règle. Ne t’inquiète pas, tu es parfaitement normale ! Et je t’assure que dans quelques jours tout sera …

-                       Kurt ! s’exclama Katie. Arrête de te moquer de moi !

-                       Désolé, Katie.

Elle perçut un léger sarcasme dans sa voix. Il soupira et pendant une seconde, personne ne parla.

-                       Je n’aime pas quand tu es comme ça, tu le sais ? reprit-il d’un ton lasse.

-                       Je crois que tu me l’a déjà fait remarquer, en effet, répondit-elle sèchement.

-                       Tu n’es pas plus infaillible que moi et … Il faudrait que tu le reconnaisse, quelquefois. Même si tu n’apprécie pas vraiment.

Cette fois, c’est elle qui soupira.

-                       Je croyais que tu me soutiendrais, fit-elle simplement.

-                       Tu sais bien que je te soutiens toujours. Mais ça frise le ridicule, cette histoire. Reprends confiance en toi, Katie, et ça ira beaucoup mieux. Je sais que tu en es capable.

Elle ne répondit pas. Elle ne se sentait pas capable de lui obéir, au contraire.

-                       Alors … Bonne soirée, tenta-t-il d’une voix mal assurée.

-                       Bonne soirée.

Elle l’entendit raccrocher et elle remit son téléphone lentement dans sa poche. Elle ferma les yeux en se maudissant. Il l’appelait, et elle arrivait à se disputer avec lui. Leur discussion n’avait même pas duré dix minutes. Et elle ne lui avait même pas demandé comment lui, il allait. Elle ne lui avait même pas demandé quand est-ce qu’il rentrait. Elle s’était contenté de lui raconter ses petits problèmes. Elle s’était disputé avec lui, alors qu’il était à des centaines de kilomètres d’elle ! N’avait-elle rien dans la tête ?

Voilà, elle se sentait coupable, maintenant. Encore plus qu’avant. Surtout qu’elle venait de se rappeler qu’elle avait embrassé Lucas. Ce n’était pas le jour de Kurt, aujourd’hui … Ni le sien, d’ailleurs. Qu’est-ce qu’elle aurait donné pour qu’il soit là ! Près d’elle, elle aurait pu s’expliquer un peu mieux que ça …

Katie se leva en soupirant et sortit de la bibliothèque. Elle ne voulait pas aller faire son compte rendu au professeur, elle ne voulait pas aller s’entraîner, elle ne voulait pas non plus aller dans la salle de musique, au risque de trahir encore une fois Kurt. Qu’est-ce qu’elle pouvait faire ?

Elle alla s’asseoir dans sa chambre. La chambre de Kurt et elle. Elle prit son livre, mais le cœur n’y était décidément pas.

Posté par Lyel Erwan à 17:42 - - Commentaires [4] - Permalien [#]